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Willy ETOKA désigné 10ème homme le plus riche d’Afrique francophone

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 5 Juin 2016, 07:01am

Kiki, Willy Etoka, José Vega

« Le Congo est ruiné ! Les caisses sont vides ! Les retraites ne sont pas payées ! Les entreprises locales ont leur trésorerie à sec ! Les arriérés dans tous les domaines sont colossaux ! Les sociétés ferment leurs portes ; les unes après les autres ! Ceux qui avaient la chance d’avoir un emploi, par milliers, se retrouvent au chômage ! Ceux qui l’ont toujours, agents de l’Etat et parfois du secteur privé, ne sont pas payés[i] ! Etc., etc. … »

Le tableau est sombre et la litanie des conséquences tragiques de la prédation, plus que de la mauvaise gestion économique et financière du pays, depuis le retour par les armes en 1997 du chef de guerre civile Denis Sassou Nguesso, n’épargne aucun secteur. De surcroît, tout le monde sait que l’endettement a été poussé au maximum à cause de préfinancements accordés par les habituels complices traders et banquiers, pour les recettes pétrolières attendues ; et, il l’a été au-delà du raisonnable auprès de la Chine pour des investissements très souvent inappropriés.

Heureusement, quelques nantis sont épargnés et échappent à ce triste sort. Il y a quelques jours, le 24 mai, à l’Hôtel Peninsula, (le plus récent palace de Paris aux abords de la Place de l’Etoile), l’un deux, Rodrigue fils de Maurice Nguesso, a célébré dans un faste indécent son anniversaire. Un défilé ininterrompu de Rolls-Royce, de Ferrari et autres voitures de grand luxe, appartenant à la famille de l’invité, ou loués pour l’occasion, a ébahi les badauds et clients de l’hôtel. Le célébrissime anniversaire de Saint-Tropez était relégué au rang d’une modeste surprise-partie pour fêtards du troisième âge. Rien ne se situait en-dessous de l’excès à tel point que l’ainé de la famille, Eugène, se lamentait de l’irresponsabilité d’une telle débauche et de ses éventuelles conséquences… ! Quatre cent mille euros auraient été dépensés, de source sûre, à Paris. Mais la fiesta n’était pas terminée. Une grande partie de la troupe s’est envolée le lendemain, soit en jet-privé personnel ou loué, soit en avion de ligne pour Miami (« OYO land ! The place to be ! ») pour la poursuivre.

Ce train de vie insolent s’est construit sur trois décennies du pouvoir totalitaire du tyran de l’Alima et de ses complices. A la fin de l’année 2015, le classement des hommes les plus riches d’Afrique francophone avait été publié par le magazine FORBES. Il ne concernait pas les chefs d’Etat ou les politiques. Un Congolais de Brazzaville, Willy Etoka, se situe à la 10ème place. Pas de grandes études, pas de diplôme d’une prestigieuse grande école ou université, il a grandi dans une famille modeste au n°3 de la rue Kindamba bis ; un père ancien gardien de but des équipes d’Aiglon et de Patronage, aussi agent du ministère du commerce, qui disparut suite aux explosions du 4 mars 2012.

Le magazine américain reconnait à Willy Etoka une fortune de 500 millions de dollars, soit 450 millions d’euros ou l’équivalent de 300 milliards de FCFA. « Joli parcours ! » pourraient saluer les ignorants. En effet, la proximité est grande avec le clan Nguesso ; particulièrement avec le tyran et son petit Kiki.

A ce niveau de fortune, il se situe parmi les 130 personnes les plus riches de France, côtoyant notamment les héritiers du Groupe hôtelier Barrière (les palaces à Deauville, Paris, Cannes, le Fouquet’s et des casinos) et Pierre Cardin ; des groupes construits par des hommes brillants et des décennies de travail. Cet enrichissement fulgurant s’est bien entendu effectué à la faveur de ses relations d’affaires avec Denis Christel Sassou Nguesso. Il avait été propulsé auprès de lui par Raoul Maixent Ominga l’actuel successeur, à la direction administrative et financière de la SNPC, du cousin Calixte Ganongo nouvellement bombardé Ministre des finances ; poste juteux propice à l’enrichissement illimité, comme avait su en profiter le prédécesseur et très corrompu Gilbert Ondongo, toujours ministre…

Le patron de la SARPD Oil se donne des allures de golden boy, négociant de cargaisons pétrolières, fournisseur de carburants de la SNPC, partenaire dans des champs pétroliers (Ngoki), et associé à Eco-Oil Energie dans les palmiers à huile ; en réalité, il ne s’agit que d’une fortune obscure dont tôt ou tard la véritable origine sera révélée.

Pour les véritables partenaires traders, comme Trafigura, le dernier bilan (2014/2015) a été des plus profitables. Le bénéfice net s’était accru de 6,5% à 1,1 milliard de dollars. Son directeur général Jeremy Weir s’est félicité de la « robustesse du modèle d’affaires dans un contexte de marché turbulent ». La société de trading suisse, maintenant basée à Singapour augmente ses profits alors que la « République des Nguesso », productrice de pétrole ne peut que se déclarer en cessation de paiement, suite à la chute du prix du baril de pétrole. Contrairement au Congo, qui est devenu la propriété des seuls Nguesso, Trafigura appartient à 600 de ses employés.

Vingt années de pillage ininterrompu ne sauraient suffire aux prédateurs de tout acabit. La ligne de mire est la conservation du pouvoir à tout prix ; raison pour laquelle notre 10ème homme le plus riche d’Afrique francophone entretenait, au début de cette année, des miliciens cagoulés dans son immeuble de la Côte Sauvage à Pointe Noire, histoire de refroidir les velléités de libération des asservis ponténégrins. Il faut surtout reconnaître qu’ENI, TOTAL et autres, ont révélé en tout une bonne dizaine de milliards de barils de pétrole, en réserves prouvées, à sortir de l’offshore congolais.

Si l’on devait se féliciter de la fortune soudaine et coquette de notre compatriote en quelques années, il faut se poser la question : « Combien d’argent son pygmalion et patron, Denis Christel Sassou Nguesso, a-t-il pu amasser depuis que son père, le président-dictateur, lui a fait don du pétrole congolais ? »

Combien ? Dix fois ? Vingt fois la fortune d’Etoka ? Pour ceux qui auraient du mal avec les chiffres, le petit Kiki devrait compter pour 5 à 10 milliards de dollars, ce qui serait, dans la folie financière ambiante, tout à fait raisonnable.

Et le Papa, dictateur-corrupteur-président à vie du Congo Brazzaville, à combien faudrait-il estimer sa fortune par rapport à ce fiston ? Deux ou trois fois celle de Kiki : c’est-à-dire très modestement 10 à 20 milliards de dollars.

Cette publication de Forbes a le grand mérite de mettre en évidence l’immensité de la fortune d’un petit exécutant. On ne peut qu’avoir le vertige en imaginant les fortunes accumulées par les autres prédateurs, les barons, les commanditaires ; inutile de les citer, ils sont connus de tous ! On peut alors comprendre comment ce pays, notre pays le Congo, est parvenu à cet incroyable niveau d’endettement et d’insolvabilité. Tout a été construit à crédit et sur la faim du peuple. Tous les revenus, ou presque, ont été volés !

Le président-dictateur-corrupteur à vie sait très bien, avec ses complices congolais et étrangers, que les comptes devront être faits tôt ou tard. Et ils font tout leur possible pour gagner du temps…

Rigobert OSSEBI

http://congo-liberty.com/?p=15759

[i] A l’Hôpital de Loandjili (Pointe Noire) le personnel en est à son 3ème mois sans salaire

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