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L'État Islamique aurait perçu des financements de la part du groupe français Lafarge + financer un mouvement terroriste est répréhensible par la loi

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 21 Juin 2016, 17:43pm

Catégories : #Economie, #Etat-Islamique, #Lafarge

L’État Islamique aurait perçu des financements de la part du groupe français Lafarge

Source: AFP

Source: AFP

L'affaire a été révélée par le journal Le Monde : pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya dans le nord-est de la Syrie, fleuron du cimentier français au Proche-Orient, le groupe Lafarge aurait financé l’État Islamique.

A partir de l'année 2013, l’État Islamique est de plus en plus présent dans la région et, pour faire fonctionner l'usine, le groupe français à été contraint de continuer de se fournir en pétrole, dont les champs étaient tombés dans les mains de l’État Islamique. La cimenterie a aussi négocié des droits de passage aux checkpoints tenus par les djihadistes pour ses camions. Ces financements, durent jusqu'en septembre 2014, quand l’État Islamique s'empare de l'usine, et que le groupe français abonne son activité dans la région.

Le site a été repris par les forces kurdes en février 2015. La cimenterie désaffectée sert maintenant de base aux forces spéciales occidentales, françaises, américaines et britanniques, qui soutiennent les forces kurdes dans la région.

La cimenterie avait été rachetée par Lafarge en 2007 et mise en service en 2010. Estimé à 600 millions d'euros, le projet constituait à l'époque l'un des investissements étrangers les plus importants jamais consentis en Syrie en dehors du secteur pétrolier. Depuis août 2013, la sécurité de la cimenterie était assurée par le PYD, la branche militaire du Parti kurde de l'Union démocratique (PUD), majoritaire dans la région.

Le groupe Lafarge est l'un des fleurons de l'industrie française. Numéro un mondial du ciment depuis sa fusion avec le Suisse Holcim en juillet 2015, le groupe est une des valeurs du CAC 40 et emploie 115 000 personnes dans 90 pays.

L'Or noir, principale source de financements pour Daesh

Les revenus issus des gisements de pétrole sont un élément clef dans le financement de l’État Islamique. En Octobre 2015, le quotidien britannique Financial Times avançait le chiffre impressionnant de 1,5 million de dollars de revenus pétroliers par jour amassé par Daesh.

#Pétrole et #terrorisme : l’industrie de #Daeshhttps://t.co/rlej7InUDepic.twitter.com/4Qf6w7wemu

Les hydrocarbures ont joué un rôle centrale dans le développement de l'organisation djihadiste, jusqu'à guider ses conquêtes territoriales. l’État Islamique, après s’être retiré du nord-ouest de la Syrie (important stratégiquement, mais peu riche en pétrole) s’était emparé dès 2013 de nombreuses zones pétrolifères dans l’est du pays. Cette main-mise sur les ressources pétrolières de la région a aboutit à une situation paradoxale, où même les groupes qui sont hostiles à l’État Islamique sont contraint de s'approvisionner en pétrole... auprès de celui-ci. Il n'est donc pas surprenant que pour son usine dans le nord-est du pays, le groupe Lafarge ait été obligé de se fournir auprès de Daesh.

La plus grande partie du pétrole extrait par l’État Islamique est destinée à des réseaux de contrebande locaux, pour répondre à une demande régionale. Néanmoins, il n'est pas exclu qu'une partie minime de ces flux transitent par la Turquie, avant d'être exportés en Europe.

A plusieurs reprises, la Russie à pointé du doigt le rôle ambigu de la Turquie, l'accusant de laisser prospérer ces réseaux de contrebande. Les équipes de RT présentent en Syrie avaient même découvert un certain nombre de documents, notamment des factures, prouvant que le pétrole de l’État Islamique transitait par la Turquie.

De nombreuses frappes aériennes russes visaient d'ailleurs directement les puits de pétrole, les raffineries et les camions-citernes de l’État Islamique.

A contrario, la coalition internationale conduite par les Etats-Unis a refusé pendant plusieurs mois de frapper les sites pétroliers et les réseaux de contrebandes, officiellement pour ne pas faire souffrir d'avantage les populations civiles. En novembre nombre 2015 cependant, des premières frappes ont été effectuées sur des camions citernes, acheminant le pétrole entre la Syrie et la Turquie depuis les puits contrôlés par Daesh.

Des attaques aériennes françaises, britanniques, américaines et russes qui semblent porter leurs fruits : en avril 2016, des responsables américains de la lutte antiterroriste déclaraient que les ressources financières de l'Etat Islamique s'étaient considérablement réduites, grâce aux attaques répétées sur les infrastructure pétrolière du groupe djihadiste. Les responsables américains estimaient que le revenu global de l'Etat Islamique issu du pétrole avait diminué 50%.

RT France

Affaire Lafarge: financer un mouvement terroriste est répréhensible par la loi

Le Monde a révélé dans son édition du 21 juin que le cimentier Lafarge aurait indirectement financé l'organisation terroriste Daech en Syrie.

Selon les informations du quotidien Le Monde, l'entreprise Lafarge voulait faire fonctionner son usine "au prix d'arrangements (…) avec les groupes armés environnants, dont l'organisation Etat islamique", de 2013 à la fin de l'été 2014.

A quoi s'expose le groupe, s'interroge-t-on? Me Emmanuel Daoud, avocat spécialisé en droit pénal, considère que les suites dépendront en gros de la position du procureur de la République française et de Paris, tout comme des autorités suisse, Lafarge étant intégré dans le groupe suisse Holcim.

"Le fait que tout cela se soit déroulé en Syrie n'interdit pas juridiquement les autorités judiciaires françaises ou suisses à ouvrir une enquête pénale, (…) parce qu'avoir financé un mouvement terroriste est répréhensible par la loi ", explique l'avocat, tout en soulignant qu'il parle d'un point de vue purement théorique.

M. Daoud précise que du point de vue juridique, si une procédure pénale est ouverte, il faudra déterminer si Lafarge l'a fait en connaissance de cause.

"Et s'ils l'ont fait en connaissance de cause, est-ce que l'état de nécessité dans lequel ils se trouvaient ne sera pas considéré comme suffisant par la justice pour éviter des poursuites pour financement d'une organisation terroriste?".

Les journalistes du Monde ont rapporté mardi, en s'appuyant sur des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, que Lafarge aurait conclu des arrangements avec le groupe extrémiste Daech pour pouvoir "poursuivre la production jusqu'au 19 septembre 2014, date à laquelle l'EI s'empare du site et Lafarge annonce l'arrêt de toute activité".

D'après les informations du quotidien, pour garantir l'accès à l'usine de ses ouvriers et des marchandises, le groupe aurait missionné un certain Ahmad Jaloudi "afin d'obtenir des autorisations de l'EI pour laisser passer les employés aux checkpoints".

Toujours selon Le Monde, les données obtenues "permettent de conclure que la direction de Lafarge à Paris était au courant de ces efforts".

Source: Sputniknews

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