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«L'effondrement de l'Union européenne est désormais inévitable» + L’Union européenne est morte

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 24 Juin 2016, 16:27pm

Catégories : #UE Effondrement, #Bexit

«L'effondrement de l'Union européenne est désormais inévitable»

© Vincent KesslerSource: Reuters Nigel Farage, chef de UKIP (United Kingdom Independence Party) et membre du Parlement européen brandit un drapeau britannique au Parlement européen.

© Vincent KesslerSource: Reuters Nigel Farage, chef de UKIP (United Kingdom Independence Party) et membre du Parlement européen brandit un drapeau britannique au Parlement européen.

Le Brexit mènera a l’effondrement de l'Union européenne, comme la chute du mur de Berlin a mené à l’effondrement du Pacte de Varsovie, estime l’historien britannique John Laughland, à grand renfort d’intéressantes analogies historiques.

Le vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE est un événement d'une portée historique majeure, tel qu'il n'en arrive qu'une fois par génération. Il est comparable en importance à la chute du mur de Berlin dans la nuit du 9 novembre 1989. Dans les deux cas, les peuples, par un mouvement paisible et naturel, ont infligé le coup de grâce à un système politique moribond. A terme, l'Union européenne s'effondrera tout comme le Pacte de Varsovie auquel elle ressemble.

Souvent dans l'histoire, les grands tournants ont lieu par accident. Ce fut le cas pour la chute de mur de Berlin: les Berlinois de l'Est se sont rués sur Checkpoint Charlie suite à une fausse information sur la délivrance des visas diffusée par erreur par les médias est-allemands. Confrontés à une telle foule, les gardes-frontières ne pouvaient qu'ouvrir les barrières. Autant la fin du communisme était inévitable, autant la façon dont il a eu lieu a été purement contingente.

"Toute réforme des institutions européennes est impossible"

De même, le Brexit aurait pu être évité si les dirigeants européens avaient agi autrement. David Cameron avait adressé un certain nombre de demandes, plutôt modestes, à ses collègues européens. Si ceux-ci avaient bien mesuré l'ampleur de la crise de confiance qu'ils traversent, au Royaume-Uni comme dans chacun des pays membres de l'UE, ils auraient consacré un très grand effort à lui donner satisfaction et à réfléchir sur les réformes pour l'UE toute entière. Cela n'aurait pas été très difficile, mais ils ont préféré continuer comme si rien n’était et lui infliger une fin de non-recevoir hautaine et arrogante. Ils ont ainsi humilié Cameron devant son propre peuple, montrant ainsi que toute réforme des institutions européennes est impossible. C'est leur propre raideur et leur manque de vision qui auront fait sauter le projet européen.

L'arrivée depuis 2004 de plus de 2 millions de Polonais et d'autres Européens de l'Est a été une vague qui risquait de noyer le peuple britannique

L'effondrement de l'Union européenne est désormais inévitable parce que le vote en faveur du Brexit montre que les nations fières peuvent refuser de disparaître. En effet, il faut comprendre le vote comme un sursaut national face à une menace existentielle. La fuite en avant pratiquée par des gouvernements successifs, travailliste sous Tony Blair comme conservateur sous David Cameron, vers une immigration illimitée, a radicalement changé la société britannique. Londres n'est plus une ville anglaise depuis longtemps car, selon les chiffres officiels du dernier recensement, les Britanniques blancs y sont minoritaires. Avec son économie performante et son marché du travail souple, le Royaume-Uni aspire des immigrants du monde entier. Mais l'arrivée depuis 2004 de plus de 2 millions de Polonais et d'autres Européens de l'Est a été non pas la goutte qui a fait débordé le vase, mais une vague qui risquait de noyer le peuple britannique. Le principe de libre circulation des personnes, des services, des biens et des capitaux, est à la base du projet européen: les Britanniques viennent de montrer, avec leur refus de l'immigration non contrôlée, que ce projet est inacceptable dans son essence même.

La raideur et le manque d'imagination sont tout sauf accessoires au projet européen. Ils sont au contraire profondément enracinés dans la pensée de ses dirigeants, qui sont convaincus d'être les porteurs d'un projet civilisationnel sans précédent. Tout comme les premiers bolchéviques, les hommes et les femmes qui décident en Europe se croient à l'avant-garde d'un processus historique inéluctable. Depuis que le professeur Korovine écrivait à Moscou en 1951 dans son ouvrage «Mezhdunarodnoe Pravo» (Le Droit international) que «Les traités de l'URSS et les démocraties populaires sont un nouveau type de coopération internationale...» les théoriciens d'«une nouvelle forme de relations internationales» (Paris 2013) qui serait en train de se dessiner aujourd'hui, grâce au mondialisme et aux institutions supranationales comme l'UE, n'ont rien inventé.

Quel pays sera le prochain à organiser un référendum sur sa propre sortie?

Très concrètement, le Brexit fera bousculer la structure politique de l'Europe parce que, différents pays étant déjà dans un état de grande fébrilité, il donnera un énorme espoir aux souverainistes français, autrichiens, néerlandais, hongrois et autres qui ont le vent en poupe. Quel pays sera le prochain à organiser un référendum sur sa propre sortie? La France qui a voté contre la constitution européenne en 2005 mais dont la volonté populaire a été trahie par la ratification une version réécrite du même texte par voie parlementaire? Les Pays-Bas qui désespèrent de leur modèle de tolérance qui s’auto-détruit en accueillant un grand nombre d'immigrants intolérants, et qui viennent de voter contre l'accord d'association avec l'Ukraine? Les Autrichiens qui ont failli élire un membre du Parti de la Liberté à la présidence de la République? Les Hongrois qui l’an dernier ont désobéi aux ordres européens pour construire une clôture sur leurs frontières nationales?

Réjouissons-nous de ce résultat formidable; mais exigeons que nos dirigeants en tirent vraiment les leçons

La chute du mur de Berlin a été le déclencheur d'une réaction en chaîne qui a emporté, en quelques semaines, tous les dirigeants du Pacte de Varsovie. Ceux-ci sont tombés les uns après les autres, jusqu'à ce que la dictature roumaine tombe dans un bain de sang. Sans doute le processus de désagrégation de l'UE sera plus long et, espérons-le, plus civilisé. Pour cela il faudra précisément ce qui manque à l'Europe, des grands hommes d'Etat. Réjouissons-nous de ce résultat formidable; mais exigeons que nos dirigeants en tirent vraiment les leçons - ce dont il se sont montrés, jusqu'à présent, totalement incapables.

John Laughland

DU MÊME AUTEUR : L'euroscepticisme a le vent en poupe partout en Europe

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Source: RT France

L’Union européenne est morte

© Toby MelvilleSource: Reuters

© Toby MelvilleSource: Reuters

Le peuple ne veut plus de l'UE. Le Brexit pourrait déclencher une avalanche d'événements, à l'exemple de la chute du Mur de Berlin en 1989, même si leur ampleur et sens sont encore à mesurer, estime Pierre Lévy, spécialiste des questions européennes.

Brexit ! L’événement est littéralement historique.

Pour les élites mondialisées, il dépasse les pires cauchemars et était, en réalité, inconcevable.

Pour ceux qui suivent attentivement l’actualité européenne, et sont conscients du rejet populaire croissant que l’UE inspire à juste titre, il était au contraire prévisible.

Tout d’abord, un constat saute aux yeux. Certes, une partie de la bourgeoisie anglaise a soutenu le choix de sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne. Il n’en reste pas moins que le clivage est saisissant : d’un côté, les élites institutionnelles et politiques (et syndicales, à quelques louables exceptions près), la City, les banques, les patrons des grandes entreprises (1300 d’entre eux avaient lancé un ultime appel deux jours avant le scrutin) – et les milieux urbains huppés ; de l’autre, les quartiers populaires, les villes ouvrières et les banlieues délaissées, les régions entières désindustrialisées et à l’abandon.

Cette opposition entre «le haut» et «le bas» de la société est une constante qu’on retrouve dans toutes les consultations sur l’Europe

C’est ce fossé qui a avant tout déterminé le résultat. Il suffit du reste d’écouter les quolibets haineux qui fusent contre ces «milieux défavorisés» dotés d’«un niveau d’éducation inférieur», «irrationnels et mus par la haine». Ce mépris de classe, rehaussé par la hargne de la défaite, en dit long sur la nature réelle de l’enjeu.

De même qu’en dit long l’interminable liste des membres de la Sainte-Alliance qui, des mois durant, a tout tenté – en particulier un incroyable chantage au chaos – pour éviter le «cataclysme» annoncé : G7, chefs d’État et de gouvernement, ministres, dirigeants de multinationales, banquiers, agences de notation, OCDE, FMI… Les USA remportent à cet égard la palme, avec une visite à Londres tout exprès du président Obama

Certes, chaque pays a sa propre culture politique. Mais cette opposition entre «le haut» et «le bas» de la société est une constante qu’on retrouve dans toutes les consultations sur l’Europe. Car ce bras d’honneur adressé à Bruxelles est le quatrième en moins d’un an. Les Grecs (juillet 2015), les Danois (décembre 2015) et les Néerlandais (avril 2016) avaient déjà fait entendre un Non retentissant lors des référendums portant sur l’Europe.

Le terme même de «communauté de destin» dit tout : interdiction de faire des choix différents de ceux de la «communauté»

Cette géographie sociale du refus de l’intégration européenne avait été particulièrement impressionnante lors du référendum français de mai 2005 qui rejeta le traité constitutionnel européen (TCE). Un scrutin qui constituait en quelque sorte un premier tremblement de terre au sein de l’UE.

A l’époque, ce sont bien les ouvriers, et plus généralement le monde du travail, les exploités, les dominés, qui s’étaient révoltés contre le projet européen dont on pourrait résumer ainsi l’objectif le plus essentiel : enlever aux peuples (« peuples » au sens politique, et non ethnique) la liberté de déterminer les grands choix qui conditionnent leur avenir. Le terme même de «communauté de destin» (comme se définit l’UE) dit tout : interdiction de faire des choix différents de ceux de la «communauté» ; et, surtout, le «destin» dépasse la volonté humaine…

On notera au passage que la plus haute distinction accordée par l’Union européenne s’appelle le «prix Charlemagne». Un choix qui en dit long sur les ambitions impériales de cette «construction», qui fut, dès l’immédiat après-guerre, activement promue par Washington.

Certes, cette volonté de récupérer sa liberté politique collective – le terme juridique est souveraineté, un concept souvent caricaturé, alors qu’il s’agit du cadre même de la démocratie réelle – relève plus souvent de l’aspiration collective que d’une motivation explicite de chaque citoyen. Reste que les électeurs britanniques n’ont sans doute pas oublié comment fut bafoué le Non français au TCE, de même que la manière humiliante dont furent traités les Irlandais lorsqu’on leur demanda – par deux fois – de recommencer leur vote parce qu’ils n’avaient pas donné la bonne réponse du premier coup…

Une telle forfaiture ne sera pas possible avec les Anglais. Ceux-ci viennent de délivrer un message simple : on peut s’en aller. La conséquence est certaine : l’Union européenne est morte. Seules la forme et l’échéance de l’agonie sont inconnues.

En 1989, la chute du Mur de Berlin ouvrait une ère où les dirigeants occidentaux ont espéré étendre leur domination sur le monde entier, dessaisir les peuples de leur liberté, et en profiter pour imposer des reculs sociaux littéralement sans précédent.

La suite n’est pas écrite. Mais un formidable retournement du rapport de force s’est esquissé le 23 juin 2016. On suggère à tous les progressistes d’en mesurer l’ampleur.

Et le sens.

Pierre Lévy

DU MEME AUTEUR : Pays-Bas : la crise continentale... censurée

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Source: RT France

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