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Baisse des recettes d’hydrocarbures, dégradation de la balance de paiement et risque d’épuisement rapide du fonds de régulation des recettes

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 23 Juin 2016, 04:34am

Catégories : #Hydrocarbures, #Algérie

Au vu des données du 20 juin 2016, des statistiques douanières, le fort déficit de la balance des paiements pourrait s’établir entre 34 et 36 milliards de dollars fin 2016. Il s’ensuit le risque de l’épuisement du fonds de régulation des recettes, artificiellement gonflé par le dérapage accéléré du dinar tant par rapport au dollar qu’à l’euro fin 2016, début 2017. L’Algérie, a un répit de trois années pour les réserves de change pour éviter de retourner au FMI entre 2018/2019. Cela implique pour éviter ce scénario qu’aucun algérien ne souhaite, de profondes réformes structurelles conciliant efficacité économique et la nécessaire cohésion sociale tenant compte des profondes mutations géostratégiques qui s’annoncent entre 2020/2030 (1)

1.- Une baisse en moyenne annuelle d’un dollar du cours du pétrole (le prix de cession du gaz étant indexé sur celui du pétrole) occasionne un manque à gagner entre 500/ 600 millions de dollars. Les réserves officielles de pétrole selon le conseil des ministres de 2015 est d’environ 10 milliards de barils et celles du gaz conventionnel de 2700 milliards de mètres cubes gazeux étant loin des données souvent reprises par la presse nationale de plus de 12 milliards de barils de pétrole et de 4500 milliards de mètres cubes gazeux (données de BP de 1999 jamais réactualisées). Les exportations de gaz (par canalisation et GNL) qui représentent plus de 34% des recettes de Sonatrach n’ont jamais pu dépasser depuis 2009 , la barre des 55 milliards de mètres cubes gazeux Tranmed le plus de gazoduc via Italie fonctionnant à peine 50% de ses capacités. Les recettes de Sonatrach ont été de 73 milliards de dollars entre 2010/2011, 63 milliards de dollars en 2013 ,59 milliards de dollars en 2014 et 35 milliards en 2015. Si l’on prend les hypothèses de la LFC2015 où à un cours de 60 dollars en moyenne annuelle il était prévu une recette de Sonatrach de 34 milliards de dollars, montant auquel il faudra soustraire 20% de coût de Sonatrach , il resterait 27 milliards de dollars de profit net. Au cours de 50 dollars moyenne annuelle la recette de Sonatrach serait de 28 milliards de dollars et le profit net de 22/23 milliards de dollars. Au cours de 40 dollars la recette serait de 18 milliards de dollars et le profit net de Sonatrach serait d’environ 14/15 milliards de dollars. Comment dès lors mobiliser les 100 milliards de dollars prévus comme investissement entre 2016/2020 par le ministère de l’énergie sans compter plus de 20 milliards de dollars pour Sonelgaz, d’autant plus que la loi des hydrocarbures votée en février 2013, outre la règle des 49/51% généralisable tant à l’amont pour tous les gisements qu’à l’aval et aux canalisations , prévoit une taxe sur les profits au-delà d’un certain seuil , décourageant avec l’actuel prix tout investisseur étranger ?

2..- Selon les statistiques douanières du 20 juin 2016, le déficit commercial de l’Algérie a atteint 9,8 milliards de dollars sur les cinq premiers mois de l’année 2016 contre un déficit de 7,23 milliards à la même période de 2015, soit une hausse du déficit de 35,5%. Le taux de couverture des importations par les exportations est passé entre 2015 et 2016 pour les cinq premiers mois de 68% à 50%. Les exportations ont se sont établies à 9,82 milliards de dollars contre 15,39 milliards sur la même période de 2015, soit une baisse de 36,2%, qui pourrait donner une moyenne annuelle au même rythme à 24 milliards de dollars fin 2016. Les importations de biens non compris les services se sont établies à 19,62 milliards de dollars contre 22,62 milliards à la même période de 2015 (-13,26%), qui pourrait donner au même rythme fin 2016 environ 48 milliards de dollars donnant un déficit de la balance commerciale non compris les services fin 2016 de 24 milliards de dollars. Comme la valeur des services a été de 2010/2015 entre 10,5 et 12 milliards de dollars annuellement(les exportations de services étant nulles) , le déficit de la balance des paiement fin et pourrait s’établir entre 34 et 36 milliards de dollars. Comme conséquence de la baisse des recettes de Sonatrach, en cas de poursuite de l’actuelle politique socio-économique et de non dynamisation des sections hors rente, il ne faut pas être utopique pas avant 2020, si on lance les réformes structurelles en 2016 sur le fonds de régulation des recettes et les réserves de change. Cette situation prolonge la tendance 2015 puisque selon les statistiques douanières, l’Algérie pour 2015 accuse un déficit de 13,7 milliards de dollars US (Mds US) en 2015 en raison de la baisse des cours des hydrocarbures et le taux de couverture des importations par les exportations s’ était réduit de 73% contre 107% en 2014. Pour l’année 2016, ce fonds sera sollicité pour couvrir le déficit budgétaire, même si on accélère le dérapage du dinar pour le gonfler artificiellement, le fonds risquant de s’épuiser fin 2016, début 2017. Quant au réserves de change établies fin mai 2016 à 135 milliards de dollars, ils donnent un répit de trois ans maximum avant leur épuisement au vu du déficit de la balance des paiements, ne pouvant réduire à l’infini les importations, le tissu productif étant insignifiant.

3.-Il s’ensuit un impact négatif sur la sphère réelle (taux de croissance, inflation, chômage). Selon l’ONS, 83% de la superficie économique est constituée de petits commerce/services. Le secteur industriel représente moins de 5% du PIB et sur ces 5% 95% sont des PMI/PME peu initiées au management et à l’innovation, alors que s’impose des innovations technologiques impliquant un investissement massif dans la recherche développement, le capital argent n’étant qu’un moyen ne créant pas de richesses. Le problème qui se pose, avec la baisse des recettes de Sonatrach, le gouvernement pourrait-il continuer dans sa politique de subventions généralisées et non ciblées ? Outre le risque de tensions au niveau des caisses de retraite, la demande d’emplois entre 300.00/350.000 par an nécessite un taux de croissance en terme réel (devant raisonner à prix constants et jamais à prix courants) de 8/9% pendant 5 à 10 ans pour réduire les tensions sociales. Aussi il s’agit d’éviter l’illusion organisationnelle et monétaire .Le blocage étant d’ordre systémique, l’Algérie, pour surmonter la situation actuelle a besoin d’une vision stratégique, de cohérence, de visibilité et de leadership. L’on devra éviter tant l’illusion organisationnelle sans objectifs stratégiques (combien d’organisations et de codes d’investissement depuis l’indépendance politique) que monétaire. Car le dinar est passé de 4 dinars un dollar vers les années 1975 à 16 dinars un dollar avant la dévaluation de 1994, 45 dinars un dollar après la dévaluation et actuellement 109 dinars un dollar en juin 2016. Parallèlement, .l’Algérie a connu plusieurs codes d’investissement, et différentes organisations de 1963 à 2016 : sociétés nationales, fonds de participation de l’État, Holdings, sociétés de gestion des participations de l’État et groupes industriels et l’Algérie est toujours dépendante des hydrocarbures.

Le défi est de réfléchir aux voies et moyens nécessaires de dynamiser le tissu productif, entreprises publiques et privées locales et internationales créatrices de valeur ajoutée interne , devant se fonder sur l’entreprise créatrice de richesses et l’économie de la connaissance.Je préconise au gouvernement un endettement extérieur ciblé, sous réserve qu’e cet endettement soit destiné aux secteurs productifs et à long terme qui permet de rembourser le principal et les intérêts , afin d’atténuer la baisse des réserves de change qui tiennent la valeur du dinar. . Ceux qui prônent l’économe de guerre, ceux qui ont vision purement matérielle du développement avec la généralisation de la règle des 49/51% vivent de l’illusion de l’aisance financière et comme en 1992, voulant puiser dans les réserves de change pouvant conduire au même scénario catastrophe qu’en 1994(1), A 10/15 milliards de dollars de réserve de change, c’est une loi économique et du fait de la faiblesse du tissu productif, la cotation du dinar serait de plus de 200 dinars un dollar. Je conseille à ces responsables de coller aux nouvelles réalités mondiales et de lire attentivement le rapport du World Economic Forum 2016 qui annonce la 4ème révolution industrielle (2025/2040) , reposant sur deux piliers , les nouvelles technologies et les industries écologiques . L’Algérie en ces moments difficiles tant sur le plan géostratégique qu’économique a besoin non de polémiques et de solutions stériles, mais de débats contradictoires productifs au profit exclusif des intérêts supérieurs du pays et un renouveau de la gouvernance. L’Algérie en a les moyens pour peu que l’on développe un discours de tolérance et de vérité , personne n’ayant le monopole du nationalisme.

Abderrahmane MEBTOUL

ademmebtoul@gmail.com

Professeur des Universités, expert international, Dr Abderrahmane MEBTOUL Directeur d’Études Ministère Energie/Sonatrach (1974/2008)

(1)- Certains vivant encore l’illusion de l’ère mécanique, vision périmée et utopique, pouvant conduire le pays droit au mur, comme vouloir revenir à l’économie de guerre qui a conduit le pays au rééchelonnement en 1994, et avec cette règle des 49/51% généralisée et non ciblée depuis 2009 qui n’a fait que doubler , depuis , les importations, avec des surcoûts exorbitants supportés par l’Algérie, sans véritable transfert technologique et managérial, , l’adaptation du nouveau modèle de croissance 2016/2020-2020/2030 largement analysée dans le rapport du World Economic Forum 2016 qui annonce la 4ème révolution industrielle (2025/2040) , reposant sur deux piliers , les nouvelles technologies et les industries écologiques a été développée dans plusieurs contributions de l’auteur sur le site www.algerie1.com et dans l’interview donné par le professeur Abderrahmane MEBTOUL à la télévision Ennahar le 21/06/2016 de 17h20-17h30

Source: Algerie1

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