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Source au sein du PS: c’est Manuel Valls le frondeur!

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 14 Mai 2016, 12:34pm

© REUTERS/ Gonzalo Fuentes

© REUTERS/ Gonzalo Fuentes

Manuel Valls a engagé la responsabilité du gouvernement pour faire passer la loi Travail en s’appuyant sur l’article 49.3.

Une décision qui a porté à son comble l'exaspération de bon nombre de Français vis-à-vis de cette loi, jusque dans les rangs de la majorité. Pourtant, malgré le renfort de députés PS et d'autres partis de gauche, la motion de censure déposée par la droite a été rejetée.

Pas de coup de théâtre, donc, mais une solide ambiance de purge au sein du Parti socialiste. Son Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé jeudi avoir saisi la Haute Autorité éthique du parti au sujet des 24 députés socialistes signataires.

 

J'ai joint une source au sein du Parti socialiste, qui a préféré rester anonyme. Ce témoin privilégié des derniers événements nous livre sa vision de l'intérieur et ses réactions sans langue de bois.

Ksénia Lukyanova: Quelle est la réaction au sein du PS suite à ce vote et puis sur la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis?

Source Anonyme PS : La réaction des militants du Parti Socialistes et des députés vraiment c'est un gâchis. Un gâchis terrible d'en arriver à une division comme celle-ci. Et par rapport à la déclaration Jean-Christophe Cambadélis, la Haute Autorité de la transparence a visiblement pas encore été saisie d'une demande de la part de Monsieur Cambadélis et la petite particularité fait que Monique Iborra qui a été responsable pour le texte a été également une dissidente du PS puisqu'elle a soutenu une candidature autre que celle de Carole Delga au moment des régionales, donc elle aussi c'est une frondeuse. Mais elle a été responsable su texte et elle n'est pas passible aujourd'hui elle n'est pas passible de sanctions devant le PS.

KL: Vous avez dit que quasiment personne n'a lu le texte du vote est-ce que c'est bien vrai?

SAPS: « C'est pas exact, le texte est arrivé à 21h le mercredi soir avec les 450 ou 500 amendements du gouvernement. Donc je suppose que beaucoup de députés l'ont lu durant la nuit, beaucoup de collaborateurs l'ont lu pendant la nuit. Je pense aussi que de toute façon à partir du moment où c'était une motion de censure et qu'aucun député du Parti socialiste ne voulait pas faire tomber le gouvernement mais voulait censurer, voter contre le texte, c'étaient deux choses différentes. Le chantage de Manuel Valls sur cette question a été soit le gouvernement tombe et tout ce qu'on a fait depuis quatre ans, soit vous votez pour le texte et un texte effectivement qui est arrivé à 21h vendredi soir avec 500 amendements du gouvernement qui ne modifient pas fondamentalement le texte » 01-53

 

KL : D'après vous qu'est-ce qu'attend les 24 députés qui ont voté pour?

SAPS : J'en sais rien pour les 24, je n'en sais rien non plus pour les autres députés qui avaient des réserves et qui avaient des interrogations, je n'en sais rien. Soit le Parti socialiste ou plutôt le premier ministre décide de continuer son coup de force de manière à démissionner, drapé dans sa dignité pour se lancer dans la présidentielle, soit à un moment la réflexion est faite que les interrogations étaient légitimes. Lorsqu'il est arrivé dans la presse les députés n'en ont pas eu la communication autrement que par la presse et il n'y avait pas d'étude d'impact lorsque le projet avait été dévoilé dans la presse, lorsqu'il y a eu la réunion du 14 mars au ministère il a fallu attendre quatre jours avant d'avoir des documents de travail propres à pouvoir commencer à bosser sur le texte malgré les demandes qui ont été faites au groupe socialiste, malgré les demandes qui ont été faites au ministère ce qui fait que le dossier de presse du 14 mars, personne ne savait si c'était vrai. La presse étaient toujours mieux informée que les parlementaires et les militants socialistes. De la même manière les organisations professionnelles dans des départements elles n'ont pas eu le texte avant qu'il soit publié sur le site de l'Assemblée nationale. La communication a été faite par voie de communiqué de presse. Et pour les députés ça a été terrible de devoir travailler dans des conditions pareilles. De la même manière les rapports qui ont été faites par différentes commissions — les affaires sociales, les affaires économiques ou les affaires européennes — les rapports qui devaient justifier des discussions — pour vous donner un exemple le rapport de M. Cordery de la commission des affaires européennes, il a été présenté le 5 avril, il a été disponible en ligne et en version papier trois jours plus tard. Donc on a demandé aux députés de se prononcer, de donner un avis sur un texte qui n'existait pas ».

KL: Est-ce que vous avez déjà eu des retours des députés suite à ce vote, quelqu'un que vous connaissez?

SAPS : J'ai eu des collègues députés qui étaient tristes de cette situation. La plupart de ceux que j'ai pu connaître sont malheureux d'en arriver là, sont malheureux du coup de force, en veulent effectivement parfois à ce qu'on appelle les frondeurs d'avoir poussé les choses loin, mais en veulent pour beaucoup d'entre eux en toute lucidité au premier ministre d'avoir refusé en trois mois d'écouter les choses. Pour vous donner un exemple: quand M. Christophe Sirugue parle des amendements qu'il a proposés aux députés la veille de la réunion de la dernière chance, à ma connaissance il y a très peu de députés qui les ont lus. Donc le lundi soir dans la presse on apprend qu'il y a des amendements de compromis proposés par Christophe Sirugue, la plupart des députés les ont pas eus. Et le mardi matin il y a eu une discussion des socialistes sur ces amendements, il y a eu un vote sur des amendements que personne n'avaient, et en même temps il y avait déjà une convocation d'un conseil des ministres extraordinaire qui devaient statuer sur le 49-3. Donc c'était vraiment un jeu des dupes total ».

KL: Est-ce que d'après vos informations les députés au sein du PS remettent en question les idéaux de la démocratie française après cette situation?

SAPS: Non, absolument pas. Les députés socialistes tous, vraiment tous, quelle que soit leur ligne, sont des démocrates, des républicains, des socialistes. Eux, ne se posent pas cette question-là ».

KL: Mais c'est suite à la réaction du gouvernement?

SAPS: Oui. Mais c'est le gouvernement qui se comporte de manière autoritaire depuis deux ans. C'est le gouvernement et les socialistes sont des personnes loyales vis-à-vis d'un engagement qu'ils ont pris en juin 2012. Cette loyauté malheureusement sert aujourd'hui les intérêts d'une personne qui table sur cette loyauté pour faire passer beaucoup de choses. C'était le pari qui a été faite sur la déchéance de la nationalité, de forcer la main au nom de la loyauté du président de la République, et heureusement les députés, pas seulement socialistes, et les sénateurs ont décidé de refuser cet acte d'autoritarisme. Pour vous dire une chose, ce texte de la loi de travail, s'il avait été vraiment bien fait, il n'y aurait pas eu besoin de balancer 500 amendements du gouvernement pour le modifier. Et les 500 amendements, vous pouvez en prendre connaissance ceux collègues comme Jean-Patrick Gilles, par exemple, ou comme Frédéric Barbier. C'étaient des amendements qui n'étaient pas des amendements gauchistes, qui étaient des amendements qui proposaient véritablement les droits nouveaux pour les salariés, qui permettaient de pouvoir utiliser cette réforme du droit de travail pour ce qu'elle était quelque chose de bien. Ça n'a pas été le cas ».

 

KL: Donc au sein du PS on pense que la faute tombe sur une seule personne et qui est cette personne?

SAPS: Je ne peux pas parler du nom de mon parti, je suis qu'un militant. Moi je sais que j'en veux énormément à Manuel Valls. Parce qu'il a une volonté de détruire ce qu'est le socialisme. C'est pas anodin, c'est le 10 mai le 49.3 a été choisi le jour d'anniversaire de François Mitterrand, c'est les 80 ans du Front populaire cette année. Et Manuel Valls choisit de faire table rase tout simplement de nos luttes. C'est lui qui est frondeur. C'est pas les députés socialistes. Si le débat avait été jusqu'au bout, il y aurait un vote pour le texte avec les amendements que les députés avaient proposés. Vraiment, j'en suis convaincu. Et il le savait. Et si autrement on n'est pas capable de pouvoir négocier, de pouvoir avoir une majorité, je ne vois pas comment est-ce qu'on peut prétendre représenter la France ou envisager d'être candidat.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201605131024983912-france-ps-valls-loi-travail/

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