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Paris : De nouvelles révélations sur les activités de Bolloré en Guinée + La "terreur" Bolloré s'étend à Canal+ Sport + Poursuite-bâillon : Bolloré s’acharne contre Bastamag

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 15 Mai 2016, 23:11pm

Paris : De nouvelles révélations sur les activités de Bolloré en Guinée

CONAKRY-Combien gagne le Groupe Bolloré dans son business portuaire à Conakry ? Alors qu’une information judicaire portant sur des soupçons de «corruption d’agent public étranger » sur les conditions d’octroi de la concession du port de Conakry au Groupe, est ouverte à Paris, de nouvelles révélations viennent de sortir sur les activités du milliardaire Breton au pays de son ami Alpha Condé.

C’est l’hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné qui fait ces révélations dans sa parution du 11 mai dernier. Dans sa Une, en bandeau, à gauche, le satirique titre en rouge gras : « De l’Afrique à CANAL : Les Curieuses Affaires de Vincent Bolloré ». Eh bien, quelles sont ces curieuses affaires ?

40 millions d’euros de chiffres d’affaires par an…

A Conakry (Guinée), où le Groupe Bolloré contrôle le terminal de Conteneur, écrit le Journal, l’activité lui rapporterait près de 40 millions d’euros de chiffres d’affaires par an, constitués à part presqu’égales par les armateurs qui livrent ces gros caissons métalliques et par les destinataires qui les ont commandés.

Les uns et les autres, lit-on sur les colonnes du satirique, paient la manutention (grues, engins de transport), l’entreposage, la conservation (parfois réfrigérée), le traçage et le gardiennage de ces boites d’aciers. Et acquittent de lucratives amandes lorsque celles-ci stationnent au-delà du délai permis.

Face à cette quarantaine de millions, quelles sont les dépenses à la charge du Groupe ?

 

La plus importante a été versée en une fois : un « droit d’entrée » fixé à 15 millions d’euros. Vient ensuite, la redevance annuelle d’exploitation payée à l’Etat guinéen. Elle ne ruine pas le concessionnaire : entre 2 et 3 millions par an.

Un bénéfice net de plus de 30 millions d’euros

« Une fois soustraits les salaires, l’assurance et le coût de l’énergie, le bénéfice net pour Bolloré, dépasse 30 millions d’euros », écrit le Canard, qui cite un expert de la marine marchande.

Contacté par « Le Canard », le Groupe confirme ces chiffres, affirmant qu’il a investi plus de 100 millions d’euros et en dépensera autant pour moderniser le port d’ici à la fin de sa concession en 2036.

Elu en 2010, le président guinéen Alpha Condé, trois mois après son investiture, avait résilié par décret, la convention de concession du terminal à conteneurs du port de Conakry octroyée en 2008 pour une durée de 25 ans à Getma, une filiale de l’armateur NCT Necotrans. Avant de confier quelques jours plus tard la gestion du port au groupe Bolloré, dont le patron n’est autre qu’un ami de longue date du Chef de l’Etat.

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

 

Fichier:

canard_.pdf

 

http://www.africaguinee.com/articles/2016/05/14/paris-de-nouvelles-revelations-sur-les-activites-de-bollore-en-guinee

La "terreur" Bolloré s'étend à Canal+ Sport

Alors que la stratégie de Vincent Bolloré semble faire peu de cas de la partie en clair de Canal +, dont aucune des émissions phares n'est épargnée par les coupes de budget ou de têtes, les Sports n'échappent pas à la règle : ici, les affaires priment désormais clairement sur le journalisme. Et les salariés se le voient notifier à la manière Bolloré…

Le "Canal football club" est l'une des émissions phares du sport sur Canal +. - Capture d'écran

Le "grand argentier du foot" invité du Canal football club (CFC) sur Canal+. A première vue, les habitués du rendez-vous sportif dominical en clair de la chaîne cryptée n'ont pas vu de problème dans l'invitation de Jean-Claude Darmon, ce dimanche 8 mai. Ce qu'ils ignoraient, c'est que ce n'est pas le patron de l'émission, Hervé Mathoux, qui l'avait convié à venir vendre son dernier livre sur son plateau…

"Mathoux avait refusé de l'inviter mais on lui a notifié que l'ordre venait d'en haut", témoigne pour Marianne un journaliste de l'entreprise, qui s'étrangle : "Bolloré en est même à choisir le casting des émissions de foot ! Et il ne s'en cache même plus…" L'anecdote est symptomatique en effet du climat qui règne au sein des Sports de Canal+, l'un des services phares de la chaîne, depuis la reprise en main - en poing - de "l'actionnaire totalitaire".

Les présidents de clubs sont "des partenaires"

Il y a d'abord eu ce fameux reportage de l’émission Enquêtes de foot, intitulée "OM, la fuite en avant ?" et diffusé le 2 septembre dernier. Le sujet, qui montrait comment les mauvais choix et la désorganisation de la direction de l'OM avaient plongé le club dans le marasme, est toujours d'actualité aujourd'hui. Mais Vincent Bolloré, lui, s'est étranglé en le voyant. Et a fait savoir dès le lendemain, lors du Comité d'entreprise exceptionnel qui marquait sa prise de pouvoir à Canal, ce message on ne peut plus clair : "C'est exactement l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire."

Depuis, la ligne à suivre pour le service des sports de la chaîne a été précisée, lors d'une réunion le 19 janvier, par ses nouveaux directeurs mis en place par Vincent Bolloré, Thierry Cheleman et Didier Lahaye. Alors que la société de journalistes (SDJ) section Sport - tout juste créée pour faire face à la bollorisation - faisait état d'un cap éditorial peu clair et des inquiétudes grandissantes au sein des rédactions, voici ce qui lui a été répondu :

"Il n'y a pas de sujets interdits… MAIS il faut garder les droits et ne pas se mettre sciemment en danger."

En effet, la stratégie principale de l'actionnaire n'est pas de faire du journalisme sportif mais bien d'acquérir des droits de retransmission des matches, dans un climat de plus en plus concurrentiel. Or, qui siège notamment au bureau de la Ligue de football qui les attribue ? Les présidents de clubs ! "Des partenaires", considère donc Vincent Bolloré, et non des sujets d'enquête. Plus question, donc, de prendre le risque de les froisser. Comme cela avait été le cas avec l'Enquête de foot sur l'OM, à la suite de laquelle les dirigeants du club avaient appelé tout l'état-major de la chaîne pour se plaindre. Dans la foulée, l'épisode a été retiré de la VOD et l'émission, elle, est carrément promise à la disparition.

>> Avec Bolloré, le clair de Canal + est de plus en plus crypté

"C'est un mode de fonctionnement par la terreur"

Un renoncement aux valeurs d'information et d'enquête symbolisé par le départ de Karim Nedjari, l'ex-chargé des magazines de sport qui incarnait la ligne corrosive de la chaîne et qui n'a pas pu s'entendre avec la nouvelle direction. Il est aussi résumé par ce bel euphémisme lâché par la direction : "Un bon sujet est un sujet équilibré". "On n'est pas bêtes, on savait bien qu'on n'allait pas se mettre à critiquer les présidents de ligue à deux semaines de l'attribution des droits, c'était du bon sens !", réagit un journaliste de la rédaction auprès de Marianne. Mais là, souligne-t-il, "c'est l'étape au-dessus : il y a des sujets devenus tabous. Par exemple, un journaliste qui avait osé enquêter sur la fondation PSG s'est entendu dire qu'il était inconscient et qu'il compromettait l'avenir de Canal !" Pourquoi ces foudres subites ? Tout simplement parce que le directeur du PSG, le prince qatari Nasser Al-Khelaïfi, est également celui de la chaîne beIN Sports, avec laquelle… Canal+ est en plein rapprochement.

Restriction budgétaire de 20% aux sports

Conséquence de ces coups de butoir éditoriaux incessants, résume un autre membre de la rédaction : toute la maison vit dans l'angoisse. Avec, outre les inquiétudes éditoriales, des craintes sur l'avenir des emplois. La direction vient ainsi d'acter une restriction budgétaire de 20% aux sports, qui signifie d'ores et déjà la suppression de deux postes de commentateurs de Ligue 1, dès maintenant et pour la saison prochain. Et personne ne jurerait même que le CFC, rendez-vous incontournable des fans de foot sur Canal, va rester à l'antenne. De toute façon, plus personne n'ose trop l'ouvrir car la réponse est invariable, rapporte notre source : "Ceux qui ne sont pas contents prendront la porte. C'est un mode de fonctionnement par la terreur".

"Le pire, analyse un salarié, c'est qu'à ce stade, la stratégie de Bolloré ne fonctionne pas, on va d'échec en échec : on n'a pas récupéré les droits qu'on voulait, on perd toujours des abonnés et en plus, l'image de la chaîne est dégradée !" Ce qui pose une question, à Vincent Bolloré cette fois-ci : veut-il que son règne soit celui d'un Néron pour Canal ?

Thomas Vampouille

http://www.marianne.net/terreur-bollore-s-etend-canal-sport-100242766.html

Poursuite-bâillon : Bolloré s’acharne contre Bastamag

Quand le groupe Bolloré utilise l’artillerie juridique afin d’essayer de bâillonner le site d’informations Bastamag pour avoir publié un article « consacré à un problème aussi essentiel que l’exploitation des terres agricoles en Afrique et en Asie et son impact sur les populations et l’environnement [qui] présente incontestablement un caractère d’intérêt général » [1], article dans lequel il est notamment question de pratiques du groupe Bolloré.

Rappel des faits

- Le 12 octobre 2012 Bastamag publie un article de Nadia Djabali titré « Bolloré, Crédit agricole, Louis Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement de terres ».

- Le 5 février 2016 la rédaction de Bastamag publie un article [2] dans lequel elle nous apprend que « L’audience du procès en diffamation que le groupe Bolloré intente à Bastamag se déroulera le jeudi 11 février ». Ce procès est intenté par le groupe Bolloré car celui-ci « estime diffamatoire pas moins de huit paragraphes – ainsi que le titre et le surtitre – d[e] [l’]article de synthèse publié par Bastamag [le 12] octobre 2012 et consacré à la question de l’accaparement des terres, ces appropriations de terres à grande échelle par des fonds d’investissements ou des multinationales, principalement en Afrique et en Asie. »

- Le 14 avril 2016 Bastamag informe ses lecteurs [3] que « Poursuivis en diffamation par le groupe Bolloré pour un article pointant le rôle de grandes entreprises françaises dans le phénomène d’accaparement des terres, le directeur de publication et les journalistes de Bastamag ont été relaxés ce 14 avril par le Tribunal de grande instance de Paris. »

- Le 28 avril 2016 Bastamag rend publique l’information selon laquelle « ce lundi 25 avril, le groupe Bolloré a fait savoir qu’il faisait appel de ce jugement [du 14 avril 2016] ».

Toute ressemblance avec d’autres événements n’est pas fortuite

Le groupe Bolloré applique à Bastamag la stratégie de la poursuite-bâillon qu’Alain Garrigou décrit ainsi : elle « consiste, pour des citoyens riches, ou des entreprises, à attaquer leurs critiques sur le terrain judiciaire. Rejouant la partie du pot de fer contre le pot de terre, ils tentent ainsi d’imposer à leurs adversaires des frais judiciaires démesurés. Quant à eux, ils ne risquent pas grand-chose, puisque leur fortune leur permet de perdre en justice. Ils soulignent le danger de s’en prendre à eux, même avec de bonnes raisons. »

Alain Garrigou est bien placé pour analyser ce type de pratique car il y a été exposé en tant que directeur de la publication de l’Observatoire des sondages [4].

Dévoiler des intérêts et des pratiques des dominants ne va pas sans risque. Et nous faisons nôtres les propos de la rédaction de Bastamag : « Diffuser ces informations, participer au nécessaire débat démocratique sur ces sujets, serait-il devenu impossible ? La décision du groupe Bolloré de faire appel de ce jugement pose des questions essentielles sur la liberté d’informer, en particulier sur les activités des multinationales. Est-il encore possible de parler de ces sujets sans risquer une longue procédure judiciaire ? »

Denis Souchon

http://www.acrimed.org/Poursuite-baillon-Bollore-s-acharne-contre

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