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Les prix du pétrole au plus haut depuis novembre + Accros au pétrole: comment les pays tentent de survivre à l’or noir bon marché

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 16 Mai 2016, 16:30pm

Les prix du pétrole au plus haut depuis novembre

© Flickr/ Pete Markham

© Flickr/ Pete Markham

Les prix du pétrole affichent une augmentation rapide: le baril de Brent a dépassé la barre des 49 dollars pour la première fois depuis novembre 2015.

A Londres, le baril de Brent ICE a fini par atteindre 49,03 dollars mardi matin, d'après les cours du marché.

 

Cette hausse intervient après les prévisions publiées le 16 mai par la banque Goldman Sachs qui a déjà constaté un manque d'offre sur le marché à cause des perturbations de livraison au Nigéria et au Canada ainsi qu’une forte demande en Chine et en Inde.

Plus tôt, le département américain à l’Énergie a estimé dans un rapport que le prix du pétrole pourrait augmenter jusqu'à 252 dollars le baril, d'ici 2040.

Les prix mondiaux du pétrole ont chuté de 115 dollars à moins de 30 dollars le baril entre juin 2014 et janvier 2016, atteignant leur plus bas niveau suite à la surabondance de l'offre mondiale d'or noir.

 © Sputnik. La répartition des forces sur le marché mondial du petrole

© Sputnik. La répartition des forces sur le marché mondial du petrole

GÉOÉCONOMIE ET GÉOSTRATÉGIE DE L'ÉNERGIE: CHAOS ET ENJEUX RÉELS

GÉOÉCONOMIE ET GÉOSTRATÉGIE DE L'ÉNERGIE: CHAOS ET ENJEUX RÉELS

Accros au pétrole: comment les pays tentent de survivre à l’or noir bon marché

© Flickr/ SarahTz

© Flickr/ SarahTz

Alors que les prix pétroliers reprennent timidement leur hausse, nombreux sont les pays pétroliers qui commencent à se serrer la ceinture et à piocher dans leurs fonds de réserve, formés à l’époque où les prix de l’or noir leur permettaient de faire des réserves en cas de coup dur.

Les ressources, une des composantes majeures qui déterminent l'épanouissement d'un pays. Or, il y a un revers de la médaille. Qu'il s'agisse des hommes ou de pays, on s'habitue trop vite aux bonnes choses. De fait, de nombreux effets collatéraux frappent les pays pétroliers, comme le faible développement industriel, étouffé par la vente des matières premières et la dépendance complète aux fluctuations des cours. Et si le premier problème n'est pas irrémédiable, l'évolution des cours du baril s'avère trop souvent imprévisible et échappe à tout contrôle, susceptible de plonger un pays dans une crise grave.

 

Afin d'affaiblir la dépendance de leur économie envers la conjoncture, les revenus obtenus à l'époque des "vaches grasses" sont consolidés au sein des banques centrales et des fonds spéciaux. Des producteurs de pétrole du monde entier ont constitué et alimenté, au fil des ans, des fonds anti-crise grâce aux surplus liés à la vente: aujourd'hui, le contexte les pousse de plus en plus à dépenser cet argent.

En Europe, la Norvège
La Norvège, dont le PIB dépend à 25% du secteur pétrogazier, possède le Fonds de bien-être national le plus important au monde avec 870 milliards de dollars. L'économie du pays a considérablement souffert de la chute des cours: l'année dernière, ses revenus tirés des exportations d'hydrocarbures ont baissé de 27% en glissement annuel. Aujourd'hui la Norvège injecte 25 milliards de dollars de ses réserves "intouchables" dans son économie pour tenter de la relancer. Mais malgré tous les efforts, la croissance du PIB norvégien en 2016 ne devrait pas dépasser 1%, estiment les experts.

Au Moyen-Orient, les Etats du Golfe
L'Arabie saoudite, premier producteur mondial de pétrole, n'a pas de Fonds souverain dédié. Les hydrocarbures assurent 90% à 95% des revenus budgétaires du royaume mais la chute globale des prix a forcé la dynastie au pouvoir à changer son approche. Ainsi, le prince Mouhamed ben Salmane a annoncé en avril dernier que la monarchie se préparait au "crépuscule de l'âge pétrolier" et envisageait de former un fonds souverain de 2 000 milliards de dollars afin de se débarrasser de sa dépendance pétrolière.

Le Koweït, l'un des exportateurs pétroliers les plus importants du marché international, avait utilisé l'argent accumulé après la guerre du Golfe afin de financer la reconstruction du pays. Son Fonds des futures générations reçoit 10% des revenus d'État indépendamment de leur source ou des prix du pétrole. Cet argent est investi dans des obligations de pays développés.

 

Oman, pour sa part, avait créé un fonds de réserve en 1980, puis un fonds pétrolier en 1993. Il n'a cependant pas réussi à les alimenter car tout l'agent dégagé servait finalement à combler le déficit budgétaire du pays.

En Amérique latine, le Venezuela
Le Venezuela, première puissance pétrolière au monde, fait face à une situation similaire: les réserves de son Fonds de stabilisation macroéconomique et du Fonds vénézuélien d'investissement ont été dépensées sous Hugo Chavez et sont aujourd'hui épuisées.

En Afrique, le Nigéria
Au Nigeria, la situation n'est pas plus enviable: en 2004, le pays avait réuni dans son Fonds de stabilisation 50% des revenus pétroliers de 2003, pour dépenser dès novembre 2004 280 millions de dollars sous forme d'indemnisation des dépenses de la population sur l'essence. Le fonds n'a donc même pas commencé à remplir son rôle qu'il était déjà vidé.

Les prix mondiaux du pétrole ont chuté de 115 dollars à moins de 30 dollars le baril entre juin 2014 et janvier 2016, atteignant leur plus bas niveau suite à la surabondance de l'offre mondiale d'or noir et mettant en péril l'équilibre économique de nombreux pays dans le monde.

https://fr.sputniknews.com/economie/201605161025043618-petrole-pays-fonds-reserves/

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