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Impeachment contre Dilma Rousseff: un coup contre les BRICS + Une ambassadrice et deux coups d’État: le Paraguay et le Brésil + Illégitimité contre le peuple souverain

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 13 Mai 2016, 22:54pm

Catégories : #Politique internationale, #BRICS, #Brésil

Impeachment contre Dilma Rousseff: un coup contre les BRICS

Le coup d’État institutionnel est finalement en marche au Brésil après que 367 députés aient voté pour que s’ouvre le processus de destitution de la présidente Dilma Rousseff. C’est une mauvaise nouvelle pour l’Amérique Latine et les Caraïbes: il met à mal la stabilité politique du pays le plus important du continent qui souffrait déjà de sérieux problèmes économiques. Mais ce coup d’État va bien au-delà du simple contexte régional: si les «coups d’États institutionnels» respectivement au Honduras en 2009 et au Paraguay en 2012 ont été menés contre l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) et le Mercosur, l’attaque contre le Brésil vise cette fois-ci les BRICS et les pays émergents à un moment de grande convulsion pour l’économie internationale, au moment où un bloc de pays se démène face aux États-Unis et à l’Union Européenne pour le contrôle du commerce mondial.

Désormais, la marche sera la suivante: le Sénat devra approuver par une majorité simple le déclenchement de l’impeachment à la suite duquel Dilma sera écartée du pouvoir au maximum 180 jours, jusqu’à ce que deux tiers des sénateurs votent pour sa destitution finale. Ainsi, Michel Temer, un politicien qui recueille seulement 1% des voix pour les élections de 2018 et dont l’image négative atteint plus de 61% au sein de la population brésilienne selon l’institut Vox Populi, prendra possession du Planalto (siège de l’exécutif brésilien) et ce grâce à une combinaison de facteurs froidement planifiés à l’avance: érosion médiatique, opposition dans les rues, pression du patronat et coup de griffe institutionnel. Finalement, les «nouvelles droites», tellement embellies dans certains espaces académiques et journalistiques ont fini par agir de la manière la plus ancienne qui soit, dévoilant ainsi leur véritable intention, celle de destituer les gouvernements en place.

 

Une analyse du vote nous permet de comprendre la situation : sur les 38 députés présents au Parlement pour voter, 35 sont poursuivis pour des faits de corruption. De là ressort une certitude: avec Temer comme président, ces faits de corruption seront tout simplement balayés. Dilma qui paradoxalement n’est pas impliquée dans le scandale «Lava Jato» sera accusée et on essayera ainsi de tourner la page sur ce scandale qui éclabousse les partis traditionnels du système brésilien. Ainsi, la surenchère de certains députés, sous les cris de «Dehors le PT, Dehors Dilma, Dehors Lula» cachaient leurs vrais intentions: fermer le chapitre «Lava Jato» et essayer de maximiser les profits des grands groupes économiques rassemblés autour de la puissante Fiesp (patronat), qui a d’ailleurs salué avec enthousiasme le coup d’État en cours.

Mais il y a un autre facteur à analyser: le Parti des Travailleurs (PT), la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) et le Mouvement des Travailleurs sans Terre (MST) comme trident qui a organisé les mobilisations contre l’Impeachment possède une force sociale qui n’est pas sans importance dans un moment comme celui-ci.

De plus, ils réunissent autour d’eux le dirigeant qui a les intentions de vote les plus importantes pour les élections de 2018 et qui n’est autre que l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva. Que tentera de faire un gouvernement dirigé par Temer face à Lula? Essayeront-ils, enhardi par la victoire temporaire, de faire pression sur le législatif pour qu’il déclare l’inhabilitation de Lula voire sa détention provisoire? Il ne faut écarter aucun scénario, même si la droite devrait savoir qu’une telle situation pourrait renforcer le lancement de la candidature de l’ex-syndicaliste en vue des élections présidentielles.

Reste à savoir, enfin, ce que feront les instances d’intégration régionale face au nouveau cas de figure. Le vice-président du Parlasur (Parlement du Merosur), Daniel Caggiani, du MPP-Frente Amplio d’Uruguay a déjà déclaré qu’il considère que son pays doit plaider pour la mise en place de la Carte Démocratique du Mercosur et de l’Unasur dans le cas où le Senat irait dans le sens du coup d’État institutionnel. Que cela signifie- t-il concrètement? Demander l’écartement temporaire du Brésil des deux institutions, chose qui a déjà eu lieu avec le Paraguay de Franco après le «coup d’État institutionnel» contre Fernando Lugo.

Temer doit maintenant jouer sa carte externe: dissimuler le coup d’État sous l’apparence d’un jugement politique traditionnel, aidé par quelques médias de la région et du monde. Le revanchisme explicite exprimé dans certains votes en faveur de l’impeachment- particulièrement de la part des députés d’extrême droite Eduardo et Jair Bolsonaro qui ont dédié leur vote au tortionnaire de Rousseff lui rendra cette tâche franchement difficile.

Source : Investig’Action

* Politologue Université de Buenos Aires- Analyste International

Une ambassadrice et deux coups d’État: le Paraguay et le Brésil

Le monopole médiatique international ne se demande pas pourquoi les États-Unis n’ont pas manifesté leur «préoccupation» pour ce qui constitue une attaque contre la démocratie au Brésil. Les «opiniologues » et porte-parole à Washington se prononcent haut et fort pour le «respect de la démocratie», notamment en Amérique Latine, pendant que leurs alliés au Moyen-Orient violent systématiquement la démocratie et les droits de l’homme.

Peut-être sont-ils contraints à un silence complice et discipliné par cette «coïncidence» : la même ambassadrice nord-américaine qui officiait à Asunción au Paraguay lors du coup d’État contre le Président Fernando Lugo en 2012 est celle qui est en poste aujourd’hui à Brasilia, à l’heure du coup d’Etat contre Dilma Rousseff. Le « coup d’Etat démocratique» serait-il donc impulsé par le parti des médias et l’appareil judiciaire de la vieille bourgeoisie brésilienne ?

Un article de Caco Schmitt (1), publié sur le Blog d’Altamiro Borges (2) en lutte contre la dictature médiatique, met un peu plus en lumière l’attitude sournoise et non scrupuleuse de ceux qui applaudissent la rupture démocratique dans le plus grand des pays latino-américains et faisant partie des BRICS.

Curieusement au Paraguay, l’ambassadrice Liliana Ayalde a déclaré à une radio locale en 2010: «Il faut rejeter tous les faits qui vont à l’encontre de la vie des personnes et de la propriété privée» (3). Elle se référait alors à un groupe terroriste supposé et aux incidents encore enquêtés par la justice qui ont mené au coup d’État parlementaire contre le président Fernando Lugo.

Le parallèle avec les faits qui se déroulent au Brésil est inévitable. Ayalde est arrivée à Brasilia en 2013, cinq mois avant que ne débute l’opération «Lava Jato» qui est aujourd’hui le prétexte scandaleux de l’espionnage des États-Unis contre la Présidente brésilienne, espionnage qui a tendu les relations entre les deux pays. Selon Edward Snowden, le Brésil est un des pays les plus espionnés au monde.

Aylade est une experte des services diplomatiques étasuniens, services responsables de beaucoup d’ingérences et d’espionnages. Elle a travaillé au Guatemala, au Nicaragua, en Bolivie, en Colombie et récemment comme Secrétaire d’État adjointe pour l’Hémisphère Occidental avec pour tâche de superviser les relations bilatérales des États-Unis avec Cuba, l’Amérique Centrale et les Caraïbes. Auparavant, elle a été vice-administratrice supérieure adjointe de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID en anglais) en Amérique Latine et aux Caraïbes. Son mandat au Paraguay a duré de 2008 et 2011.

Avant d’arriver au Brésil, elle avait déclaré: «Avoir des amis à la Cour Suprême vaut de l’or»

Pendant qu’avance le coup d’État, José Eduardo Cardozo, avocat général de l’Union et défenseur de la Présidente Dilma Rousseff, a répété que, pour pouvoir accuser de crime de responsabilité la Présidente brésilienne, «il faut qu’il existe un acte pratiqué avec dol par la Présidente et ne pas se contenter d’une perception politique abstraite»

Il a ajouté que, sans ces conditions, approuver l’impeachment fera en sorte que ce dernier se transformera en un instrument aux mains de l’opposition qui pourra ainsi l’utiliser à tous les niveaux et fera du Brésil un pays où la stabilité sera en permanence menacée.

Cardozo a réaffirmé que la plainte présentée contre Rousseff est fragile, elle ne permet pas de démontrer la supposée existence d’un acte illicite. Enfin, elle offense clairement le principe de la rationalité et cherche à criminaliser la politique économique du gouvernement.

Notes:

(1) https://rsurgente.wordpress.com/2016/04/29/o-golpe-e-paraguaio-e-a-embaixadora-dos-eua-e-a-mesma/

(2) http://altamiroborges.blogspot.com.ar/2016/04/o-golpe-e-embaixadora-dos-eua.html

(3) http://dialogo-americas.com/es/articles/rmisa/features/regional_news/2010/05/14/feature-01?change_locale=true

 

Source: http://islamiacu.blogspot.com.ar/2016/04/una-embajadora-y-dos-golpes-paraguay-y.html

http://www.investigaction.net/une-ambassadrice-et-deux-coups-detat-le-paraguay-et-le-bresil/

Brésil: Rousseff dénonce le "gouvernement illégitime" de Temer

© AFP 2016 Evaristo S

© AFP 2016 Evaristo S

Le gouvernement intérimaire est "illégitime" et a "un problème de représentativité", a déclaré vendredi Dilma Rousseff, lors de sa première prise de parole depuis sa suspension la veille de la présidence du Brésil, où elle a été remplacée par Michel Temer.

"Un gouvernement illégitime a toujours besoin de mécanismes illégitimes pour se maintenir", a souligné Mme Rousseff, au sujet du cabinet de son ancien vice-président et allié, qu'elle considère désormais comme un "traître" en l'accusant d'avoir tiré les ficelles de sa destitution.

Mme Rousseff a également critiqué, dans une conférence à la presse étrangère, la composition de ce gouvernement de transition qui a déjà été pointé du doigt car sur 24 ministres il ne comprend aucune femme.

 

"La question du genre est une question de démocratie dans un pays où les femmes sont majoritaires, il y a un problème de représentativité", a souligné l'ancienne guérilléra sous la dictature, réitérant qu'elle "se battra pour revenir" au pouvoir.

"Le Brésil a aujourd'hui un gouvernement provisoire, par intérim, et une présidente élue par 54 millions de voix. Il y a un gouvernement intérimaire et illégitime du point de vue des votes. Je me battrai pour revenir", a insisté Mme Rousseff dont le mandat se termine fin 2018.

L'ouverture de son procès en destitution jeudi, qui a entraîné sa mise à l'écart du pouvoir pour un maximum de 180 jours dans l'attente de son jugement final, est le fruit d'un complot orchestré par le Parlement et les élites traditionnelles, a affirmé une Dilma Rousseff énergique, qui a confié qu'elle resterait active politiquement pour défendre sa position face à la société civile.

 

"Nous devons nous défendre politiquement. Cette défense se fera pour toute la société civile brésilienne et j'ai l'intention d'aller, chaque fois que je serai invitée, expliquer les raisons qui ont conduit à ce procès, avec lesquelles je suis entièrement en désaccord", a-t-elle souligné citée par l'AFP.

"La destitution est frauduleuse, un putsch pour exécuter son programme de gouvernement qui n'a pas été approuvé dans les urnes", a poursuivi Mme Rousseff.

https://fr.sputniknews.com/international/201605141024996135-bresil-gouvernement-illegitime/

GÉOÉCONOMIE ET GÉOSTRATÉGIE DE L'ÉNERGIE: CHAOS ET ENJEUX RÉELS

GÉOÉCONOMIE ET GÉOSTRATÉGIE DE L'ÉNERGIE: CHAOS ET ENJEUX RÉELS

Oops! '60% of Rousseff’s Accusers Are in Corruption-Related Proceedings'

© REUTERS/ Adriano Machado

© REUTERS/ Adriano Machado

The Brazilian president has been temporarily suspended from office and is due to face an impeachment trial after the majority of senators voted against her. Doctor Kai Michael Kenkel told Radio Sputnik that more than half of senators who voted for Dilma Rousseff’s impeachment have pending legal cases against them.

“60% of the legislators accusing her of corruption and judging her, in fact, have procedures running against them for corruption,” Doctor Kai Michael Kenkel, Professor in the Institute of International Relations at University in Rio de Janeiro, told Sputnik.

Kenkel further said that there is a huge deal of corruption and a huge accountability gap with the legislature at the federal level and other levels in Brazil at the moment. “It does seem that entrenched interests are being represented by certain lobbies.”

 

Talking about Rousseff and what she will be doing while on suspension, the analyst said, “She has been given these six months to devote herself entirely to her defense against these charges. The assumption is that she will be rallying the troops internationally and domestically to her cause and drawing up a way to not be indefinitely impeached by November.”

However, Rousseff denied any wrongdoing and said that the current impeachment effort amounts to a coup d’état. The trial will last up to 180 days.

During the trial, the country will be run by Vice President Michel Temer. Talking about Temer and accusations of corruption against him the analyst said, “It is hard to say what the outcome of the first process would be. It is true that if he was found to be guilty of corruption he would be ineligible for the presidency at this point. So we have a situation where Rousseff may be out and it is possible that Temer would be out.”

 

The analyst added that as one goes down the chain, 8 out of 10 politicians are accused of corruption charges. In the case of Rousseff if the yes vote receives a two-thirds majority, she will be permanently suspended from the office — if the opposite happens she will be reinstated.

“One of the most striking things about this crisis is that at the moment the extent to which it has polarized society and has pulled people to extreme positions. Now there is a large chuck of the population in favor of impeachment, there is a larger chunk of people against Rousseff and there is also a huge number of people supporting the government and Rousseff.”

He further said that in his opinion it is a situation where the government wasn’t particularly popular and wasn’t exceptionally good and is now being removed from office through a mechanism that is being misused. It is going to end up weakening institutions and that is the real tragedy of this crisis.

Talking about how the next few weeks will develop for Brazil, Kenkel said, “We will see Temer starting to set up his cabinet. We will start to see where the political deals were, we will see a political shift and shift in social policy. We will see whether it gets better from here, although I am skeptical.”


http://sputniknews.com/latam/20160512/1039525123/rousseff-corruption-accusations.html#ixzz48aq94UBZ

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