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Belgique : essais techniques en vue d’une catastrophe nucléaire

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 14 Mai 2016, 14:15pm

Catégories : #Catastrophe nucléaire, #Technique, #Science

En 13 ans le calendrier de la sortie du nucléaire a connu plusieurs modifications. Aux Incidents et découvertes sur l’état lamentable des réacteurs ont suivi des choix du gouvernement très contestés. La Belgique a deux centrales. Doel a 4 réacteurs ; le plus ancien fonctionne depuis 1974, le plus récent depuis 1985. Les 3 réacteurs de Tihange fonctionnent depuis 1975, 1983 et 1985.

Le plan pour une sortie progressive du nucléaire voté en 2003 par la coalition gouvernementale arc-en-ciel aurait dû se conclure en 2025, mais en 2012 le gouvernement Di Rupo reporte de 10 ans la fermeture de Tihange 1 pour « garantir la certitude d’apprivoisement ». En décembre dernier la fermeture des réacteurs Doel 1 et 2 est renvoyée à 2025 par l’actuel gouvernement Michel.

Ceci n’est pas une fissure

Aujourd’hui sur le sort des réacteurs Doel 3 et Tihange 2 se joue une compétition fondamentale dont l’enjeu est la sureté.

En 2012 L’Autorité Fédérale pour le Control Nucléaire (AFCN) annonçait la présence de milliers de fissures dans les systèmes pressurisés reliés aux deux réacteurs et décidait leur fermeture temporaire. Il seront rouverts en mai 2013 et seront refermés en mars 2014 vu les résultats préoccupants des tests d’irradiation dont dépendait la réouverture. En novembre dernier une nouvelle autorisation, vite suivie par des signaux de mauvais fonctionnement.

En Belgique le nucléaire couvre environ le 55% des besoins énergétiques nationaux. Pour le ministre Marghem (Mouvement Réformateur, MR) il est nécessaire de rouvrir pour assurer la transition énergétique. D’un point de vue écologique cette argumentation s’appuie sur de fausses prémisses. C’est le laxisme des gouvernements qui se sont succédés depuis 2003 qui fait obstacle à la transition. La position du géant de l’électricité Electrabel se trouve ainsi renforcée. La compagnie française qui subventionne France-Suez (depuis peu Engie) détient le monopole de la production d’électricité et gaz dans le pays et possède en outre les centrales.

« L’inaction fédérale a permis à GDF-Suez d’avoir le contrôle sur notre politique énergétique », dénonce la coalition écologiste Ecolo-Groen, et elle accuse : la multiplication des annonces sur le risque de blackout en 2015 était une tactique délibérée de la compagnie pour se renforcer aux yeux du public et dans les négociations avec le gouvernement. Greenpeace a été claire en qualifiant le gouvernement d’« esclave d’Electrabel ».

Une approche peu scientifique

Les résultats du dernier rapport indépendant commandé par les Verts européens et publié en janvier dernier invalident les résultats officiels grâce auxquels on avait autorisé le redémarrage de la production. L’experte pense que l’AFCN accepte passivement les thèses d’Electrabel. Selon l’entreprise les fissures sont causées par une desquamation de l’hydrogène qui s’est produite dans le processus de fabrication des installations.

« Simplement il n’y a aucune preuve » dit le rapport « la seule manière pour le savoir exige la destruction des récipients à pression. » En outre l’AFCN permet que les tests d’irradiation soient exécutés sur des échantillons non représentatifs à cause des différences de fabrication et de traitement thermique.

Les relevés de 2014 ont repéré des fissures plus grandes par rapport à 2012. Le rapport explique aussi qu’ Electrabel a altéré les formules des tests et de son côté l’ AFCN a exclu volontairement une série de causes possibles des élargissements des fissures « en opposition avec l’état de la science et de la technologie ». En résumé, « les experts de l’Autorité Belge tendent à réduire au minimum les standards de sécurité » alors que nous sommes « face à des risques significatifs ». Il n’y a pas de quoi être rassuré.

Lobby, argent, lobby, que d’argent

Aujourd’hui il semble manquer une volonté politique répandue d’assurer la nécessaire transition énergétique. Pourquoi investir encore dans le nucléaire et non dans les énergies renouvelables ?

Les intérêts en jeux sont énormes. Chaque réacteur rapporte à Electrabel un million d’euros par jour. Et les coûts de réactivation pèseront tous sur les consommateurs. Seulement pour le réacteur 1 de Tihange, 600 millions d’euros sans compter les interventions pour la « mise en sécurité ».

La politique se plaît dans les intérêts qui tournent autour du nucléaire. Nombreux membres du cabinet Marghem et d’ AFCN dans le passé travaillaient pour Electrabel ou d’autres filiales GDF. Et de partout on s’interroge sur l’independence réelle de l’organisme de contrôle nucléaire. Récemment le mouvement politique VEGA a dénoncé une collusion- « consciente ou non » -entre la compagnie, l’AFCN et le bureau du ministre.

Deux noms parmi tous : Thomas Pardoen, le seul Belge désigné par AFCN pour évaluer les fissures et les tests pour le redémarrage, est le frère de Martial, responsable du dossier énergie au cabinet Marghem et ex directeur de la centrale de Doel. Pierre-Etienne Labeu, l’expert qui est à la tête du groupe « indépendant » qui se penche sur le sort de Doel 3 est lié au Belgian Nuclear higher Education Network (BNEN), un centre de recherche sponsorisé par GDF-Suez/Engie et AFCN.

La récente fuite de nouvelles sur le dernier audit de gestion interne de l’Agence ne fait que confirmer ce que les écologistes dénoncent depuis des années : le rapport parle d’une AFCN faible à cause des pressions croissantes auxquelles elle est soumise, et sensible à l’influence d’intérêts particuliers et politiques.

On en est à se demander si la Belgique veut encore abandonner le nucléaire. Alors que le gouvernement propose de distribuer des comprimées de iode sur tout le territoire en cas d’accident, l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays Bas ont déjà manifesté leur préoccupation et les villes de Maastricht et Aix-la-Chapelle ont engagé une action légale pour accélérer la fermeture des réacteurs. Les mouvements anti-nucléaires sont toujours mobilisés et la pétition online a déjà recueilli plus d’un million de signatures. Quand et comment finira –t-elle la valse belge du nucléaire ?

Traduit de l’italien par Tina Leoni

Blog di Federica Morelli : The European Ass / L’Asino Europeo

Source : Investig’Action

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