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Pétrole : que cache la chute vertigineuse des cours ?

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 17 Février 2016, 14:07pm

Il y a quelques mois encore, un baril de pétrole se négociait à une centaine de dollars. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il vous en coûtera moins de 30. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour tenter d’expliquer cette chute vertigineuse, notamment en essayant de comprendre qui a intérêt à une telle situation. Nous allons ici tenter d’analyser les conséquences d’un baril aussi bon marché pour les principaux acteurs concernés, à savoir les plus gros producteurs et consommateurs de pétrole.

Principaux producteurs et consommateurs de pétrole

D’après l’Energy Information Agency, l’agence de statistiques du département de l’énergie des États-Unis, les principaux producteurs de pétrole brut sont les suivants :

Principaux producteurs de pétrole brut en 2014. Source : EIA [1]

Trouver les États-Unis en tête de cette liste peut surprendre, mais depuis quelques années, ces derniers ont considérablement augmenté leur production de pétrole grâce à l’exploitation de gisements de pétrole (ou huile) de schiste, très abondant en Amérique du Nord, mais plus coûteux à extraire que le pétrole conventionnel. Le point de rentabilité de ces gisements est variable, mais tourne souvent autour de 60 à 75 dollars [2].

Malgré cette production pétrolière très élevée, les États-Unis ne peuvent satisfaire leur demande intérieure. En effet, si la production journalière est de 14 millions de barils, soit environ 5,12 milliards de barils par an, c’est encore insuffisant par rapport à la consommation annuelle du pays, qui est de 6,97 milliards de barils [3]. Ainsi, les États-Unis ne font pas partie des principaux pays exportateurs de pétrole, ils en importent même beaucoup :

Principaux pays exportateurs de pétrole. Source : CIA [4]

Principaux pays importateurs de pétrole. Source : CIA [5]

Notez que le tableau ci-dessus présente les importations brutes, et que certains pays, notamment les États-Unis, sont également exportateurs. Les importations nettes de ces derniers sont donc moins importantes, inférieures à 2 millards de barils par an [33].

Intérêts directs

Au premier degré, on peut considérer que les principaux exportateurs que sont l’Arabie Saoudite, la Russie, le Canada, etc., ont intérêt à ce que les prix du pétrole soient élevés, et les principaux importateurs que sont les États-Unis, la Chine, l’Inde, etc., ont intérêt à ce que les prix soient bas. Cependant, le cas américain est plus complexe. En effet, l’industrie pétrolière américaine emploie directement plusieurs centaines de milliers de personnes, et génère au total plusieurs millions d’emplois, en comptant les emplois indirects [6]. Or, comme nous l’avons mentionné plus haut, le point de rentabilité des gisements de pétrole de schiste est élevé, plus élevé que le cours actuel ; de fait, ce secteur entier se trouve menacé aux États-Unis. De plus, les sociétés exploitant les gisements de pétrole de schiste ont emprunté des sommes considérables sur les marchés financiers pour lancer leur activité, entraînant une spéculation financière importante [7]. En cas d’effondrement du secteur du pétrole de schiste, les États-Unis devraient donc faire face à une double crise, de l’emploi, et financière. On s’attend d’ailleurs à des pertes annuelles de plus de 15 milliards de dollars sur ce secteur [8] et les effets se font déjà sentir [19]. Un acteur majeur du pétrole et gaz de schiste, Chesapeake Energy, est dans une situation très critique [41]. Aussi est-il difficile de déterminer le cours optimal du baril du point de vue américain, puisqu’il faut ménager d’un côté le secteur de l’huile de schiste, et de l’autre l’industrie et les consommateurs.

D’autres pays doivent faire face à des difficultés bien plus grandes. Le Venezuela, par exemple, est menacé de faillite [34]. La situation n’est guère plus reluisante en Algérie, où le gouvernement a dû prendre des mesures drastiques pour limiter le déficit public, quitte à sacrifier le pouvoir d’achat des Algériens [35]. Alger juge la situation assez critique pour négocier avec la Russie et même menacer de boycotter la prochaine réunion de l’OPEP [40]. Bien que ce ne soit pas le sujet de cet article, il nous semble nécessaire de mentionner qu’une Algérie fragilisée économiquement serait plus vulnérable aux revendications sociales, et à la montée du wahhabisme qui les accompagne souvent dans le monde arabe, surtout depuis 2011. Le Nigéria a dû dévaluer sa monnaie et souffre d’une forte inflation [36], ce qui pose problème dans un pays qui importe une grande partie de sa nourriture [37]. Les conséquences sont encore plus sévères en Angola [38] où des problèmes sanitaires visiblement liés à des coupes budgétaires drastiques ont déjà causé quelques dizaines de morts au moins [39].

Intérêts indirects

Mais notre analyse ne saurait se limiter aux intérêts directs des gros exportateurs et importateurs pétroliers. En effet, l’intérêt d’un pays dépend aussi des intérêts de ses alliés comme de ses rivaux. Ce qui nuit à la Russie ou à l’Iran, par exemple, peut être considéré comme positif pour les États-Unis. Plus subtilement, et ce même si ces derniers et l’Arabie Saoudite sont officiellement alliés, ce qui nuit à l’industrie du pétrole de schiste arrange les Saoudiens, qui ont tout intérêt à asphyxier cette industrie naisssante [9] pour l’empêcher de croître, voire la tuer pour de bon [10]. Mais cette stratégie n’est pas sans conséquence pour l’Arabie Saoudite. En effet, sur l’année 2015, le budget de l’État était en déficit de 367 milliards de rials, soit 97,9 milliards de dollars… c’est-à-dire 15 % du PIB ! [11] Pour référence, le pacte de stabilité et de croissance impose aux pays de la zone euro de maintenir leur déficit budgétaire en dessous des 3 %, même si de nombreux pays (dont la France) dépassent régulièrement cette limite d’un point ou deux. Il est vrai qu’à la fin de l’année 2014, les réserves de change saoudiennes étaient de près de 2 797 milliards de rials, soit 745 milliards de dollars, ce qui confère au royaume une certaine sécurité, même avec de très forts déficits.

Néanmoins, ces réserves s’élèvent aujourd’hui à « seulement » 2 311 milliards de rials, soit 616 milliards de dollars [18]. En réaction, le gouvernement a prévu de ramener le déficit budgétaire à 326 milliards de rials (87 milliards de dollars) en 2016. Il n’est toutefois pas difficile de calculer qu’en puisant plus de 300 milliards de rials par an dans ses réserves, le royaume ne peut tenir que sept ou huit ans au grand maximum. À Riyad, la situation fut jugée suffisamment préoccupante pour émettre des obligations, une première pour le pays [14]. Par ailleurs, l’Arabie Saoudite est réputée pour son complexe et très coûteux réseau de redistribution de la rente pétrolière au sein de la famille royale, grâce auquel la loyauté des princes est entretenue. Si des coupes budgétaires venaient à remettre en question ce réseau, même partiellement, la stabilité du régime pourrait être remise en question, surtout dans le contexte actuel où les rumeurs concernant la santé mentale du roi Salman et son intention supposée d’abdiquer se font insistantes [12]. En outre, le royaume est actuellement en guerre au Yémen, ce qui peut contribuer à fragiliser l’État, pour ne rien dire des tensions sociales internes. En somme, si les propos officiels de hauts responsables saoudiens et les propos officieux rapportés par la presse indiquent une démarche assez claire visant à détruire l’industrie américaine du pétrole de schiste, il convient de noter que la maison Al Saoud fait ici usage d’une arme à double tranchant.

On peut considérer la situation russe comme un pâle reflet de celle de l’Arabie Saoudite. Comme pour cette dernière, le budget de l’État russe dépend fortement de la rente pétrolière. Mais alors que le budget du royaume en dépend à hauteur de 73 % [15], ce chiffre ne s’élève qu’à 50 % en Russie [16]. Surtout, le cours du rouble est flottant, alors que celui du rial est relativement fixe par rapport au dollar. Et en effet, depuis janvier 2014, le rouble a perdu plus de la moitié de sa valeur par rapport au dollar, ce qui est assez naturel compte tenu de la part des hydrocarbures dans les exportations russes. Cela pose notamment problème aux entreprises et banques endettées en dollars, puisque le montant de leurs dettes en roubles a fortement augmenté, mais cela signifie également que si les rentrées de pétrodollars en Russie ont fortement diminué depuis le début de la chute du cours du pétrole, les recettes en roubles ont nettement moins baissé. Ceci limite les difficultés budgétaires rencontrées par la Russie. Concrètement, le gouvernement russe, qui a dû réduire son budget de 10 % en 2016, anticipe un déficit budgétaire de 3 à 5 % [16], et a vu ses réserves de change passer d’environ 500 milliards de dollars au début de l’année 2014 à 372 milliards aujourd’hui. Néanmoins, ces réserves se sont stabilisées en avril 2015 et ont même remonté au cours des mois suivants [17]. Par ailleurs, la baisse du rouble, combinée au régime de sanctions entre l’Union Européenne et la Russie a permis à celle-ci de stimuler certains secteurs, qui voient soudain leur compétitivité augmenter. C’est notamment le cas de l’agriculture et de diverses industries (chimique, électrotechnique, et même logicielle) [20, 21, 22, 24]. Et naturellement, la Russie serait tout aussi ravie que l’Arabie Saoudite de voir le secteur du pétrole de schiste américain s’effondrer, à tel point qu’en 2014, Jacques Sapir « se demand[ait] s’il n’y a[vait] pas un accord tacite entre l’Arabie Saoudite et la Russie pour évincer, ou du moins limiter, un nouvel acteur sur le marché des hydrocarbures » [23]. Finalement, si le cours actuel du pétrole pose d’importants problèmes à la Russie, elle semble mieux diposée à y faire face, et même à essayer de tirer parti de la situation, du moins dans certains domaines précis.

Explications possibles

Considérons les différentes hypothèses mises en avant pour expliquer la situation actuelle :

 

 

  1. Les États-Unis incitent l’Arabie Saoudite, par des moyens diplomatiques ou éventuellement coercitifs, à maintenir une production excessive pour faire chuter le baril de pétrole et nuire à la Russie, afin de la détruire comme Reagan avait détruit l’URSS, ou du moins de la faire plier sur les dossiers ukrainien et syrien.
  2. Les Saoudiens sentent leur suprématie pétrolière menacée par le pétrole de schiste, et comprennent que les États-Unis sont sur le point de ne plus dépendre de leur pétrole. Partant, la relation privilégiée entre le royaume et les États-Unis n’aura plus de prix pour les Américains, qui n’auront donc plus besoin tenir compte des intérêts stratégiques saoudiens au Moyen-Orient. Pour éviter un tel revers, et tout simplement pour maintenir des prix élevés sur le long terme, ceux-ci décident de faire chuter les prix pendant quelques mois, afin de tuer l’industrie du schiste.
    1. [Clause optionnelle] Ceci se fait avec l’accord (tacite ou explicite) de Moscou, peut-être dans le but de maintenir un cours du pétrole relativement haut à long terme, ou tout simplement pour nuire aux États-Unis.
  3. La situation s’explique plus simplement par le fait que chaque acteur agit de façon presque mécanique dans son propre intérêt. Le résultat est une surproduction chronique qui coïncide avec une croissance globale en berne, dont découle la spéculation négative qui est responsable du prix actuel du pétrole.

 

À la lumière des observations précédentes, évaluons nos hypothèses :

 

  1. Cette hypothèse est plausible, mais l’on voit bien qu’une telle stratégie américaine serait non seulement incertaine, puisque la Russie a de bons atouts en main pour résister à une telle attaque, et même en tirer parti, mais également très risquée. Comme on l’a vu, les États-Unis souffrent déjà du cours actuel du baril, et cette situation présente de sérieux risques pour l’économie américaine. Il est certes tout à fait possible que les stratèges américains décidassent que le jeu en valait la chandelle, mais nous en doutons. De plus, s’il s’agissait réellement d’une stratégie américaine, ses auteurs auraient dû se rendre compte il y a plusieurs mois déjà qu’elle ne fonctionnait pas, et inviter leurs « alliés » saoudiens à cesser la manœuvre. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit. Il est vrai que pour des raisons politiques, voire psychologiques, les États peuvent parfois s’entêter dans des stratégies manifestement inefficaces, mais rien de concret n’étaie cette thèse.
  2. Compte tenu du comportement de l’Arabie Saoudite, des déclarations officielles de ses gouvernants, et des propos officieux relayés par la presse, il apparaît clair que le royaume cherche à maximiser ses parts de marché, et très probablement à nuire à l’industrie américaine du pétrole de schiste. Pour autant, il est difficile de savoir jusqu’où les Saoudiens sont prêts à aller. D’abord, cette stratégie leur coûte cher ; ensuite, elle nuit considérablement à leurs relations avec leurs alliés de l’OPEP, qui en souffrent souvent plus, car ils n’ont pas les colossales réserves financières du meneur de facto du cartel ; enfin, si elle venait à durer, elle pourrait sérieusement compromettre les relations américano-saoudiennes. Rappelons que Bob Graham, le sénateur américain qui présida la commission d’enquête du Congrès sur les attaques du 11 septembre 2001, indiquait il y a quelques mois avec une franchise surprenante que l’Arabie Saoudite avait été la principale source de financement de ces attentats [26, 27, 28]. Les États-Unis ont procédé à la destruction diplomatique (voire militaire) de nombreux pays pour bien moins que cela. Pour l’instant, cela ne semble pas faire partie des plans de Washington, mais si Riyad s’entêtait trop… qui sait ? De fait, il est difficile de dire si les Saoudiens chercheront à maintenir cette situation jusqu’à la disparition effective de l’industrie du pétrole de schiste, ou s’ils abandonneront avant, quitte à laisser quelques puits en vie, voire à risquer la résurgence du secteur entier.
    1. La Russie, on l’a vu, paraît capable d’encaisser le coup, et juge peut-être que si tel est le prix pour se débarrasser du pétrole de schiste américain, ce prix n’est pas excessif. Officiellement, en tout cas, Vladimir Poutine s’interroge plutôt sur la première hypothèse [25].
  3. On peut analyser le cartel qu’est l’OPEP sous l’angle de la théorie des jeux. Plus précisément, on peut assimiler sa situation à un dilemme du prisonnier. En effet, la meilleure issue pour l’ensemble des membres de l’OPEP est la coopération et le respect général des quotas. Cela permet de maintenir des prix élevés, ainsi chaque pays peut en tirer des revenus confortables. Cependant, si l’on évalue les options qui s’offrent à chaque pays considéré individuellement, on constate qu’il est dans son intérêt de tricher, quelles que soient les stratégies adoptées par les autres pays. Supposez que vous êtes un membre de l’OPEP. Supposez de plus que les autres membres respecteront leurs quotas de production. Il est clairement dans votre intérêt de tricher — sans vous faire prendre ! — car si cela fera peut-être un peu baisser le prix du baril, cet effet sera négligeable car vous serez le seul à tricher, mais vous vendrez plus de barils et de fait, gagnerez plus d’argent. Si vous supposez que les autres membres trichent, alors vous avez intérêt à tricher aussi pour gagner plus, et pour compenser la baisse du cours du pétrole causée par la triche généralisée. Comme ce raisonnement s’applique à chaque membre de l’OPEP (à l’exception peut-être de l’Arabie Saoudite, du fait de son poids dans l’organisation) la triche y est très répandue [29, 30]. Ainsi, le cartel aboutit à une situation qui est mauvaise pour tout le monde, même si elle résulte du meilleur choix pour chaque membre. Ceci est d’autant plus vrai quand des acteurs majeurs ne font pas partie du cartel, à savoir les États-Unis et la Russie. En effet, à quoi bon respecter les quotas, si les Russes et les Américains n’y sont pas soumis et inondent le marché ? Certes, cela limiterait un peu la baisse des prix, mais cela reviendrait surtout à sacrifier des parts de marché. Dans un tel contexte, il est logique que les pays de l’OPEP décident de produire plus, même l’Arabie Saoudite, avec ou sans intention de détruire l’industrie du pétrole de schiste. La levée des sanctions pesant sur l’Iran ne fait qu’amplifier ce phénomène. Il en résulte une surproduction chronique par rapport à la demande. Toutefois, cette surproduction ne dépasse pas les 2 millions de barils par jour, comme l’illustre le graphique de l’AIE ci-dessous. Et comme le faisait récemment remarquer Philippe Béchade [32], même avec un baril à 100 dollars, cela ne représenterait « que » 200 millions de dollars par jour. Or, sur une production journalière totale d’environ 95 millions de barils, avec un prix de 35 dollars par baril, on constate un manque à gagner pour les producteurs de (100 – 35) × 95 000 000 = 6,175 milliards de dollars. Si la baisse des prix était entièrement imputable à cette surproduction, on pourrait imaginer qu’un fonds d’investissement créé par les producteurs de pétrole achète la production excédentaire pour maintenir le baril autour des 100 dollars. Dépenser 200 millions par jour pour ne pas perdre plus de 6 milliards paraît en effet raisonnable. Si personne n’entreprend ceci, c’est qu’au-delà de l’offre et de la demande, la spéculation joue un rôle prépondérant. Ce dernier facteur a une importance majeure, mais il peut être très difficile à analyser, tant les mécanismes financiers sont complexes, opaques, et parfois chaotiques, surtout que depuis l’avènement du trading à haute fréquence, ils échappent quelque peu au contrôle humain. Il est donc probable qu’au moins certaines des causes de la chute du cours du pétrole soient purement économiques et boursières, plutôt que politiques. Une réserve s’impose néanmoins sur ce dernier point, puisque l’on ne peut exclure l’implication dans la spéculation financière de structures étatiques ou paraétatiques dont les motivations seraient politiques. Notez enfin que ces causes économiques et politiques ne sont pas forcément mutuellement exclusives.

Conclusion

Si cette analyse soulève peut-être plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, nous pouvons toutefois dégager quelques éléments tangibles. En premier lieu, la production de pétrole est excessive par rapport à sa consommation. Il apparaît que cet excès est dû d’une part au non respect des quotas par les membres de l’OPEP, et a fortiori à la production débridée des pays qui n’en font pas partie, mais aussi et surtout à la volonté de l’Arabie Saoudite de protéger ses parts de marché au détriment de l’industrie américaine du schiste, voire d’éradiquer cette dernière. Aucun élément concret ne permet selon nous d’affirmer que la Russie est spécifiquement visée par une quelconque stratégie baissière émanant de Washington, ou au contraire qu’elle est la complice de Riyad dans une stratégie anti-schiste. Il apparaît également que l’excédent de production ne saurait à lui seul expliquer une telle chute des prix, et qu’il faut prendre en compte les facteurs macroéconomiques globaux et l’activité spéculative qui en découle.

Ajoutons que cette situation fait peser un risque important sur l’économie et le système financier des États-Unis, et par conséquent, sur la stabilité économique et financière du monde entier. Il convient enfin de mentionner que l’effondrement du cours du pétrole implique la fin du recyclage des pétrodollars, c’est-à-dire de la réinjection dans les marchés occidentaux des dollars provenant de la vente du pétrole, que les pays exportateurs ne sont pas en mesure de dépenser ou d’investir dans leur propre économie. Les déboires boursiers récemment observés trouvent peut-être une part de leur origine dans la fin de ce recyclage et dans la prise en compte des risques liés aux difficultés rencontrées par l’industrie du schiste.

Alexandre Karal

[1] https://www.eia.gov/beta/international/rankings/#?prodact=53-1&cy=2014

[2] https://www.eia.gov/conference/2014/pdf/presentations/webster.pdf

[3] https://www.eia.gov/tools/faqs/faq.cfm?id=33&t=6

[4] https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/rankorder/2242rank.html

[5] https://www.cia.gov/library/publications/resources/the-world-factbook/rankorder/2243rank.html

[6] http://qz.com/335931/none-of-shales-boosters-told-us-what-would-happen-to-jobs-when-the-energy-bubble-burst/

[7] https://russeurope.hypotheses.org/3215

[8] http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-01-27/u-s-oil-explorers-seen-reporting-14-billion-in-2015-losses

[9] http://www.telegraph.co.uk/finance/oilprices/12105170/Oil-falls-to-27-as-Opec-warns-US-cannot-withstand-price-rout.html

[10] http://www.reuters.com/article/us-opec-meeting-shale-idUSKCN0JC1GK20141128

[11] http://english.alarabiya.net/en/special-reports/saudi-budget-2016/2015/12/28/Saudi-Arabia-to-unveil-2016-budget.html

[12] http://www.news.com.au/finance/work/leaders/saudi-prince-mohammed-bin-salman-has-western-leaders-very-worried/news-story/5d6353c6a5c01191a56601a36e48a8f6

[13] http://www.gulfinstitute.org/exclusive-saudi-king-to-abdicate-to-son-2/

[14] http://www.ft.com/intl/cms/s/0/d1be572a-86fd-11e5-90de-f44762bf9896.html#axzz40Hty2cEk

[15] http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-12-28/a-breakdown-of-the-2016-saudi-budget-and-its-implications

[16] http://news.yahoo.com/russia-announces-budget-cuts-amid-oil-slide-105539186.html

[17] http://www.tradingeconomics.com/russia/foreign-exchange-reserves

[18] http://www.tradingeconomics.com/saudi-arabia/foreign-exchange-reserves

[19] http://www.zerohedge.com/news/2015-12-25/oil-bankruptcies-hit-highest-level-crisis-and-theres-more-come-fed-warns

[20] http://www.themoscowtimes.com/business/article/agriculture-minister-russian-food-will-squeeze-out-imports-in-10-years/525236.html

[21] https://www.rt.com/business/313895-weak-ruble-reviving-russian-exports/

[22] http://www.themoscowtimes.com/business/article/global-automakers-launch-exports-from-russia-over-ruble-devaluation/529806.html

[23] https://russeurope.hypotheses.org/3137

[24] https://russeurope.hypotheses.org/4692

[25] http://www.globalresearch.ca/did-the-u-s-and-the-saudis-conspire-to-push-down-oil-prices/5421890

[26] http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/september-11-attacks/11653706/US-report-claiming-Saudi-Arabia-financed-911-attack-redacted-by-Bush.html

[27] http://nypost.com/2015/04/12/saudi-role-in-911-being-whitewashed-by-fbi/

[28] http://europe.newsweek.com/saudi-arabia-911-george-w-bush-barack-obama-prince-bandar-bin-sultan-bob-297170?rm=eu

[29] http://www.liberation.fr/futurs/2002/12/13/l-opep-recolle-les-quotas-a-la-realite_424600

[30] http://www.forbes.com/sites/timworstall/2015/12/15/opecs-problem-is-that-all-cartels-end-this-way-challenges-chaos-and-cheating/#7024e5373703

[31] https://www.iea.org/oilmarketreport/omrpublic/

[32] http://leseconoclastes.fr/category/articles/videos-des-econoclastes/

[33] https://www.eia.gov/tools/faqs/faq.cfm?id=727&t=6

[34] http://www.wsj.com/articles/fears-of-venezuela-default-grow-amid-drop-in-oil-prices-1453422852

[35] http://www.france24.com/fr/20160111-algerie-economie-chute-baril-petrole-hausse-carburant-vie-courante-inflation-dinar

[36] http://www.forbes.com/sites/laurielaird/2016/01/18/has-the-latest-oil-price-plunge-brought-forward-nigerias-day-of-reckoning/#5eee891859d7

[37] http://nigerianpilot.com/udojis-largesse-responsible-for-dependence-on-food-importation-ogbeh/

[38] http://www.nation.co.ke/news/africa/-/1066/3060148/-/7yf9f4/-/index.html

[39] http://www.newzimbabwe.com/news-27661-Angola+health+crisis+as+oil+price+falls/news.aspx

[40] https://francais.rt.com/economie/15778-petrole–lalgerie-denonce-limmobilisme-opep

[41] http://seekingalpha.com/article/3894906-chesapeake-energy-end-game

 

http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/02/16/petrole-que-cache-la-chute-vertigineuse/

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