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La démocratie et la démographie sont-elles des causes de décès en Afrique comme l’affirme Bernard Lugan ?

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 6 Septembre 2015, 18:53pm

La démocratie et la démographie sont-elles des causes de décès en Afrique comme l’affirme Bernard Lugan ?

Le mal démocratique est plutôt la conséquence du jeu géopolitique malsain et des calculs mesquins de fausse démocratie qui s’est incrustée en Afrique, en copiant certains modèles étrangers. Certes le système politique repose sur les choix individuels des gouvernants, mais sans les fraudes intégrées dans la gouvernance électorale et les manipulations des électeurs, certains conflits n’existeraient pas, même s’il est possible de considérer le choix démocratique comme une donnée communautaire, mais là aussi, il faudrait bien arriver à choisir les représentants de la communauté, donc passer par le vote individuel au sein de toute la société ou d’un groupe privilégié désigné pour le faire.

La cause principale des décès et des conflits qui ravagent le continent au sud du Sahara est plutôt l’organisation mal ficelée de la gestion des affaires de la cité, par exemple les secteurs de la santé ou de l’alimentation. La prolifération des moustiques et le manque de structures sanitaires adéquats pour soigner les malades sont des problèmes récurrents, seuls les plus nantis parviennent à se soustraire à ce système pour mieux se soigner à l’étranger ou encore l’absence des structures pour la recherche par des experts locaux. La confiscation des subsides au sein d’un groupe restreint affame les populations, les affaibli et étouffe dans l’œuf la créativité et les capacités d’innovation dans la société.

L’organisation des sociétés en grandes agglomérations et villes a créé un nouveau mode de vie, fait apparaître de nouveaux besoins, ce qui a compliqué davantage les conditionnalités de survie des individus, conduisant à de nouveaux modes d’interactions et rapports entre individus au sein de la communauté ou de la collectivité. Les formes de rapports au village qui étaient plus raffermis entre les individus, les familles ou les communautés ont changé de nature en ville en se distendant. Il fut un moment où le gibier était partagé entre membres d’une communauté ou d’une famille ou que l’enfant était éduqué par l’ensemble de la communauté sans crainte d’exactions ou d’abus, mais avec le temps, les changements opérés ont tout chamboulé, surtout au fur et à mesure que les cités se sont agrandies avec certes la démographie, mais aussi l’exode rural.

Les conditions de vie devenant plus difficiles, l’individu doit se battre pour se frayer un chemin dans la société de plus en plus « citadinisée » et cela se reflète d’une certaine façon au village dans les rapports humains. Dans le cas où la plupart des ressources sont confisquées par une clique d’individus qui s’est emparée du pouvoir, sachant qu’elles sont à la base dans de telles sociétés, le point de départ de la réussite sociale de ces nantis, évidemment les autres membres de la société seront défavorisés et ne pourront pas avoir un développement personnel correct, ce qui freinera ou inhibera leur génie créateur, qui aurait pu leur permettre de résoudre les questions essentielles de survie individuelle ou collective qui se posent à eux, afin d’enjamber l’ensemble des difficultés économiques pour passer au-dessus des énormes troncs d’arbres qui jonchent le sol et coupent leur chemin.

Les questions du développement et les problèmes économiques sont donc souvent à l’origine des conflits et guerres en Afrique, contrairement à ce que certains veulent affirmer, comme le sont dans certaines communautés africaines, le vol d’animaux ou de produits ou les terres agricoles par exemple. Les minerais rares ou précieux tant convoités par les multinationales, ainsi que les hydrocarbures sont aussi une des sources principales des conflits et des guerres, puisqu’ils fournissent aux prédateurs internes et externes les moyens financiers qui leur permettent de s’enrichir, d’avoir le contrôle exclusif et de les confisquer à leur seul profit, pour résoudre en priorité et facilement leurs propres difficultés quotidiennes et accroître l’emprise de leur pouvoir sur tous les autres par leur puissance financière. C’est ce qui s’observe dans plusieurs pays.

Les conflits les plus importants sont concentrés dans les zones où se trouvent en abondance les ressources naturelles comme au Soudan du Sud regorgé de pétrole et comme ce fut pour le Soudan avant la séparation ou encore récemment en République démocratique du Congo (RDC). Ce ne sont pas la démocratie et la démographie qui ont entrainé la guerre dans cette jeune nation (Sud-Soudan), ce sont les intérêts multiformes endogènes et exogènes, de certaines parties à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Il est possible de revoir le mode de désignation des gouvernants ou la gouvernance globale de la cité, les hommes étant fait pour se côtoyer et vivre ensemble, mais il n’est pas possible d’émietter les territoires et leurs ressources sous prétexte de satisfaire les désirs de certaines minorités égoïstes, dont le but principal souvent est de s’accaparer de tout ou de l’essentiel des victuailles, afin de tenir en laisse tous les autres. Connaissant un des côtés de la nature humaine, celle qui est négative, ce serait le plus sûr moyen d’avoir en Afrique autant d’ethnies que d’États et ce serait des centaines d’États nouveaux en gestation dans l’avenir. Au Mali, dans les territoires où sont situés les Touareg, moins de 5% de la population, de nombreuses ressources naturelles existent et ces derniers veulent en prendre le contrôle total au détriment des autres, c’est-à-dire 95% de la population. Est-ce vraiment normal et sérieux ?

Pourquoi cette radicalisation et pourquoi ne veulent-ils pas partager avec les autres ? Qu’est-ce qui se cache derrière tout cela ? On a l’impression qu’il existe une ou plusieurs mains noires derrière tout cela pour des objectifs obscurs, surtout que des forces militaires étrangères très puissantes y ont pris pied et ne sont pas prêtes à quitter les lieux, pourquoi ? Une autre forme de gestion avec la participation de tous peut être trouvée, mais aucunement en leur cédant toutes les richesses, elles les inonderont et tomberont très vite dans d’autres mains plus futées. En outre, avec quoi devront vivre tous les autres, si eux s’accaparent et s’emparent de tout pour appauvrir la plus grande majorité ? Il ne s’agit pas d’un problème de l’ethno-mathématique électorale, mais plutôt de celui du bon sens et de l’abondance de ressources précieuses que certaines forces obscures ont l’intention de s’en approprier par tous les moyens à leur disposition, en utilisant soit la ruse ou la guerre par procuration.

En Afrique du Sud, les Blancs (environ 8% de la population) ont longtemps gouverné, pour l’instant ils peuvent patienter, car il s’agit là d’une expérimentation inédite et d’une période d’adaptation, tôt ou tard au moment où les équilibres économiques et sociétaux seront trouvés, ceux-ci gouverneront à nouveau, s’ils s’avère que leurs projets de société apparaîtront comme les meilleurs, l’objectif visé serait que noirs et blancs se mélangeront en masse dans les mêmes partis politiques. Pour l’instant, il s’agit d’une période d’ajustement pour effacer les stigmates du système tribal de l’apartheid. Il est donc imprudent de réveiller l’aspect ethnique, un démon qui a fait tant de mal et commis du tort à l’image de marque de ce pays, maintenant qu’il en est sorti. Faut-il rechercher un autre mode de gouvernance ? Possible, pourquoi pas par quota, mais il est impossible désormais de réintroduire de l’injustice, déjà que la question de la répartition équitable des subsides se trouve encore en suspens et mise en veille, comme en témoigne les attaques sanglantes et les massacres perpétrés contre les boucs-émissaires africains qui y résident. À moins que ce soit un autre message politique de fond voilé.

En Chine, c’est le parti communiste qui tient depuis belle lurette les rênes du pouvoir et il a conduit son pays à l’ancrage de l’émergence économique, le plaçant désormais dans le peloton de tête et les magouilles et toutes sortes de corruptions sont réprimées avec fermeté et ténacité, même au sein des forces armées ou du parti politique en vigueur. Plus personne n’est protégé comme sous le Ghana de Jerry Rawlings qui a depuis lors fait un énorme bond en avant sur plusieurs plans. Si au Rwanda pour ne pas revenir aux interrogations sur la genèse des évènements, « les Tutsi (10% de la population) ont ravi le pouvoir aux Hutu (90%) à la faveur du génocide et ils le conservent grâce à des pratiques politiques dignes de la grande époque du système communiste », des observateurs avisés expliquent que ce pays est bien géré et parmi les mieux gérés en Afrique. Et Kagamé sait que le système Mobutu était puissant, mais un jour, ils l’ont dégommé et n’a pas su comment résister.

En l’absence de ressources naturelles abondantes, Kigali a su établir un système de gestion efficace, même si certaines langues l’accuse d’avoir puisé un peu dans les ressources de la RDC, cela suppose néanmoins que si un jour les hutu arrivaient au pouvoir, ils suivront ce modèle, auquel cas, ils encourraient le risque d’avoir la majorité de la population sur le dos si le pays venait à s'appauvrir et lorsqu’elle sera en mesure de comparer et de faire avec lucidité, la part des choses. Il ne faut pas non plus oublier que des élections s’y déroulent, même si encore là l’on murmure aussi qu’elles étaient biaisées. Dans ce dernier cas, il ne s’agit pas de la faute de la démocratie, mais du modèle de démocratie imposé en Afrique, ce que nous appelons soit la fausse démocratie, soit la semi-démocratie, celle qui fluctue au gré où le vent conduit les intérêts particuliers. En même temps, il convient néanmoins d'être indulgent, car ce pays a connu un génocide qui ne doit pas se reproduire, comme ce qui se déroule encore en RDC, surtout dans l'est du pays ou entre certaines communautés.

Pour éviter qu’au vingt-et-unième siècle les peuples africains ne sombrent dans les conflits ou les guerres interminables, il faudrait qu’ils acquièrent leurs véritables indépendances et prennent le contrôle de toutes les manettes du tableau de bord du véhicule qui les conduira vers la réalisation de l’excellence et l’atteinte de l’émergence, que les intérêts collectifs soient placés au-dessus des intérêts particuliers et que l’on instaure la vraie démocratie, qui exclut toute forme de manipulation des résultats issus des urnes, ainsi que les immixtions extérieures nauséabondes et nocives. Cela suppose qu'en interne, les autorités de chacun des pays en prennent réellement conscience et se plient aux exigences réelles de la mise en place des conditions permettant l'épanouissement des populations et la sécurisation effective des nations et du continent. Il est aussi possible de trouver une voie africaine de gouvernance démocratique, sans copier sur des modèles extérieurs qui n'ont aucune connexion avec les habitudes et les coutumes locales. Il n’est cependant pas question d’exclure les uns, ni d’avantager des parties au détriment des autres, pour éviter d’introduire ou d'ajouter d’autres injustices qui pourraient aussi être des sources multiples de conflits futurs incontrôlés.

L’État-ethnique est une excroissance théorique dangereuse, puisqu’il serait source de frustrations et d’aberrations et la démographie est nécessaire pour constituer des sociétés fortes, soudées et prospères, car certains États moins dotées de ressources naturelles comme la France, l'Espagne ou l'Allemagne qui sont moins vastes que la République démocratique du Congo par exemple, sont pourtant plus ou légèrement moins peuplés et plus développés sur des territoires plus exigus, ce qui montre que si cette dernière parvenait à instaurer et maintenir la paix et à construire une économie solide, des marges de manœuvres démographiques existent, c’est donc une fausse réponse à une problématique réelle. Ainsi, pour nous, ni la démocratie réelle, ni l’augmentation de la population ne sont à l’origine des crises meurtrières en Afrique, c’est au contraire les manipulations électorales, l’intervention des mains noires étrangères et leurs manœuvres dilatoires, la non consistance des institutions, le tribalisme ou le clanisme, le clientélisme, le régionalisme, l’arbitraire, l’approximation des politiques de développement, l’accaparement des ressources par des groupes ou la mauvaise gestion des richesses communes qui sont à l’origine des maux décriés.

Jean de Dieu MOSSINGUE

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