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Les guerres civiles, les conflits, l’égoïsme primaire et l’accaparement des ressources minent la paix en République du Congo

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 20 Août 2015, 19:28pm

Les guerres civiles, les conflits, l’égoïsme primaire et l’accaparement des ressources minent la paix en République du Congo

Le Congo a vécu trois décennies politiques ponctuées de coups montés, mais sournoisement calmes et relativement pacifiques après l'indépendance obtenue le 15 août 1960. Cette ancienne colonie de la France a connu deux épisodes de combats guerriers fratricides et destructeurs avec utilisation d’armes de guerre lourdes en pleine zones habitées. Les élections parlementaires de 1993 avaient conduit à des combats sanglants sur une base ethnique entre les forces pro-gouvernementales du président Pascal LISSOUBA et les milices de l'opposition dirigée par Bernard KOLELAS ; la force, la violence et le désordre s’y sont à partir de ce moment installées pour un long moment, malgré l’exorcisation des faits violents passés au sortir de la conférence nationale souveraine. Beaucoup de personnes innocentes ont été victimes de la barbarie et plusieurs d’entre-elles y ont laissé la vie.

A l’origine de cette crise, une incompréhension et une mésentente entre le président élu Pascal LISSOUBA et l’ancien président battu Denis Sassou NGUESSO qui avait passé un accord sur un certain nombre de postes ministériels, conclu avant les élections que n’avait pas voulu appliquer le président élu, compte tenu de leur importance vitale dans la gestion des affaires de l’Etat. Cette situation conduisit à une recomposition des forces politiques au sein du parlement pour faire tomber le gouvernement, ce qui fit émerger une nouvelle alliance politique regroupant les forces de Bernard KOLELAS, Jean Pierre Thystère TCHICAYA et Denis Sassou NGUESSO. Il était d’ailleurs étonnant de constater que le camp KOLELAS qui n’avait pas pu s’armer pendant le monopartisme pour en découdre avec le régime, s’était abondamment équipé en armes comme s’il avait prémédité cette option notoirement anti-démocratique. D’où lui venaient ces armes ? Faut-il penser que les acteurs politiques de l’époque au Congo ne s’étaient pas réellement convertis à l’art et la manière de la démocratie ou ne les maîtrisaient-ils pas ou encore étaient-ils des piètres stratèges en politique ?

Heureusement un cessez-le feu fut établi et certains membres de l'opposition furent inclus dans le gouvernement, une mesure salvatrice de l’heure qui avait permis d’aider à rétablir une paix relative dans le pays. Cette paix fut rompue en 1997. En effet, revenu au Congo après s’être requinqué pendant un long séjour à l’étranger, notamment en France, l’ancien président Denis Sassou NGUESSO ambitionnait d’aller à la reconquête du pouvoir pour qui savait lire entre les lignes. Ayant évalué les rapports de force, il opta pour la stratégie des tensions ethniques et politiques en poussant la partie adverse à la faute virtuelle ou fictive. En réalité, le moment de la vengeance était arrivé, car la conférence nationale souveraine qui avait permis d’abattre le régime à parti unique en 1992 n’avait pas été tendre, elle a été très violente envers sa personne en lui attribuant la paternité de tous les maux du pays. Vrai ou faux, SASSOU n’avait pas digéré la virulence des attaques et s’était apparemment promis en son for intérieur de tenir sa revanche au moment le plus opportun, mais ni LISSOUBA, ni KOLELAS ne s’en étaient rendus compte à temps, pourtant il l'annonçait dans "le manguier le fleuve et la souris" en affirmant que personne ne l'empêcherait de revenir au pouvoir, mais ses contradicteurs ne savaient pas lire entre les lignes et de ce fait, sans le vouloir, ils ont involontairement conduit la démocratie à vau-l’eau et permis à Denis Sassou NGUESSO d’assouvir ses ambitions, de réaliser ses rêves les plus fous. Jamais dans l’histoire de ce pays un homme n’avait eu une telle opportunité de concentrer entre ses mains tous les pouvoirs, après avoir géré les affaires du pays entre 1979 et 1992 et être resté dans les arcanes du pouvoir sans en être sorti depuis 1968, arrivé avec le président Marien NGOUABI, il en connaissait les rouages et les turpitudes mieux que quiconque, quoi qu’en pensaient ses adversaires sur lui.

Les tensions provoquées ou non avaient fini par exploser à la face des politiciens véreux et naïfs, désormais préoccupés par les stratégies d’enrichissement, de conservation ou de conquête de tous les pouvoirs. Cela a conduit à l’éclatement d’une guerre civile d’ampleur inégalée jusqu’alors, alimentée par l’aide sournoise des puissances étrangères et par les subsides tirées des ressources pétrolières exploitées en offshore le long de la côte atlantique à Pointe-Noire, capitale de la région du Kouilou et capitale économique du pays. Cette richesse abondante tant convoitée, a été le leitmotiv de la guerre pour la plupart des seigneurs de guerre et des prédateurs externes qui voulaient à tout prix en prendre le contrôle, elle n’a jamais servi à l’amélioration des conditions de vie des populations locales qui pourtant subissent tous les jours les conséquences directes ou indirectes de la pollution ou de la dégradation de leur environnement immédiat ou lointain.

L'armée qui devait être nationale s’était divisée en lignes ethniques pour défendre des intérêts particuliers, la plupart des officiers nordistes ont épousé la cause du président Denis Sassou NGUESSO qui a su jouer profondément sur la corde régionaliste et la fibre tribale, attirer vers soi des faire-valoir et former une milice redoutable nommée les cobras, et la plupart des officiers du sud ont soutenu les forces loyalistes aidées par des milices (cocoyes de Pascal LISSOUBA et ninjas de Bernard KOLELAS, devenu premier ministre à la faveur de la réconciliation). Denis Sassou NGUESSO a mal vécu le changement de camp de son allié d’hier Bernard KOLELAS, il sait donc que par les urnes, la victoire est impossible compte tenu de la configuration électorale du moment, c’est pourquoi il fallait donc tout faire pour ne pas aller aux élections. Car les forces de Joachim Yombhi Opangault et autres du nord étaient dans la coalition présidentielle.

C’est pour cette raison qu’il opta résolument pour la guerre, une option concoctée dans le plus grand secret avec des puissances étrangères (françaises, anglaises…) qui lui offrirent toute la logistique et autres moyens, ainsi que par l’Angola voisin. Le président Pascal LISSOUBA avait commis l’erreur monumentale de jouer la carte Jonas SAVIMBI, qui a été exploitée par le général d’Armée Denis Sassou NGUESSO en fin stratège, car l’Angola se sentait menacée, ayant l’UNITA et le FLEC sur le dos. Or Savimbi qui dirigeait l’UNITA, préférait la guerre pour la conquête du pouvoir à Luanda, œuvrant sans relâche depuis l’indépendance contre les autorités en place et le MPLA, pourtant ce dernier avait en face de lui des forces gouvernementales aguerries et expérimentées lors des durs affrontements contre les forces armées de l’Afrique du Sud sous le régime de l’Apartheid, aidées par les cubains et les soviétiques et sorties victorieuses face aux forces colonialistes portugaises en arrachant l’indépendance aux forceps.

Face à une coalition puissante renforcée sur le terrain par l’Armée angolaise, les forces du président LISSOUBA mal équipées et désormais peu motivées, s’effondrèrent et perdirent définitivement la guerre quelques mois plus tard et l’ancien chef d’Etat Denis Sassou NGUESSO s’autoproclama nouveau président de la République en s’asseyant sur la Constitution de 1992 dont il réclamait à cor et à cri avec virulence pendant ses discours filmés qui s'adressaient aux démocrates et à l'opinion internationale le respect strict de l'esprit des textes et leur inviolabilité notoire. À la fin de 1999, devenues rebelles, les anciennes forces gouvernementales avaient perdu tous leurs postes clés et avancés, récupérés par les nouvelles forces gouvernementales, aidées par une grande campagne de désinformation médiatique menée à l’international par les forces alliées occidentales. Londres par exemple accusait le président LISSOUBA de vouloir mener une guerre biologique contre les forces des nouvelles autorités pour reprendre le pouvoir et exterminer les populations du nord du pays. Les rebelles conviennent alors avec le gouvernement de signer un cessez-le feu.

Cependant le pasteur NTOUMI qui dirigeait les restes des milices de la guerre civile, connues sous le vocable des Ninjas, ne s’avouait pas vaincu et continua le harcèlement des forces gouvernementales, restant toujours actifs dans la région du sud nommée le Pool. Quelques années plus tard, le pasteur NTOUMI accepta de signer la paix et de déposer définitivement les armes afin d’œuvrer désormais pour la paix; une campagne de désarmement fut initiée et un programme de réintégration des miliciens fut mis en place. Combien de victimes ces guerres ont-elles provoquées dans le pays ? Personne n’est encore en mesure d’en établir un décompte exact, les vainqueurs des conflits ayant toujours l'art de réécrire l’histoire en leur faveur.

La République du Congo est parmi les principaux pays qui produisent du pétrole en Afrique subsaharienne. Le pays est le quatrième producteur de pétrole du golfe de Guinée, des découvertes récentes pourraient le propulser à la troisième place, son activité liée aux hydrocarbures a été bien développée avec la présence de plusieurs compagnies pétrolières parmi lesquelles on trouve bien positionnées Total et ENI. Le pétrole est le pilier de l'économie grâce à la large surface financière de sa rente rapportée par les 90% du total des exportations qu’il assure pour le pays, suivi du bois qui fait aussi entrer une part assez importante des devises dans les caisses de l’Etat (la forêt tropicale humide recouvre 60% de la superficie du pays, soit les deux tiers du territoire). Le pétrole tire jusqu’à présent la croissance économique du pays vers le haut, mais cette situation continuera-t-elle et jusqu’à quand ?

La diversification par l’industrie tarde à venir et au moins 65% de la population vit dans la pauvreté et le dénuement total, pourtant il faudrait développer de nouvelles activités susceptibles de créer plus d'emplois et générer des revenus supplémentaires conséquents. Sinon, comment entretiendrait-on ces infrastructures construites dans dix, quinze, vingt ans ou plus avec des populations en majorité pauvres ? Le Gabon par exemple a commencé à industrialiser la filière bois afin de renforcer l’expertise nationale dans ce domaine, alors que le gouvernement congolais a choisi de privilégier l’importation. Par exemple pour les 242 000 unités de bancs scolaires du pays, une commande a été faite à la société française TEF basée en France pour un coût de 9 milliards de FCFA, soi-disant aux fins de fournir au pays des équipements confortables, modernes et durables, selon le ministre congolais de l'Enseignement primaire, secondaire et de l'alphabétisation Hellot Matson Mampouya. Entre-temps, des accusations de détournements de fonds, de corruption, de gabegie, de confiscation et de bradage des richesses nationales fusent contre le régime.

Un fort soupçon conduit à penser que c’est une mesure politique entre autre qui n’est pas dénuée d’arrières pensées, elle tend plutôt à faire des appels du pied vers la France dont le pays semble s’opposer au viol de la constitution de 2002. Des efforts certains d’investissement ont été réalisés sur le plan des infrastructures, notamment dans les transports et l’énergie, malgré quelques couacs dans certains types d’investissements engagés et des critiques sur la gestion des finances publiques et la défense des intérêts de l’Etat, ainsi que la répartition inéquitable et l’accaparement par le clan au pouvoir de l'essentiel des richesses de la nation. Ce pays parviendra-t-il à trouver les moyens et les forces spirituelles et physiques lui permettant de surmonter ses difficultés et de contenir et d’annihiler définitivement les effets néfastes de l’action des démons qui l’habitent, le traumatisent et le dominent ?

Jean de Dieu MOSSINGUE

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