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La démocratie au Congo-Brazzaville n’était-elle qu’un mirage et de la poudre aux yeux ?

Publié par Jean de Dieu MOSSINGUE sur 11 Août 2015, 15:46pm

Au Parti congolais du travail (PCT), les décisions ou les nominations pour les élections sont prises par consensus disait-on, des membres présents expliquent que les choix étaient faits d’avance dans les antichambres, c’est ce qu’explique par exemple Jacques Banangandzala dans une lettre de démission du Parti congolais du travail datée du 04 août 2015 à Brazzaville, publiée sur le site de Zenga-mambu le 10 août. Bien avant cela, d’autres comme Okombi Salissa ou Charles Zacharie Bowao ont préféré s’exprimer en dehors du PCT.

Deux monologues se sont tenus, l’un à Sibiti regroupant les forces de la majorité présidentielle et quelques membres de l’opposition ; l’autre s’est tenu à Brazzaville regroupant tous les opposants au changement de la constitution, alors qu’il aurait fallu une seule messe pour réunir toutes les forces vives du pays autour d’une table à palabre, pour trouver ensemble les solutions idouanes qui résoudraient la multiplicité des maux qui minent et grippent les rouages de la machine permettant la gestion et le fonctionnement des affaires de la cité et rabaissent autant le niveau de l’expression démocratique. Entre le président Denis Sassou NGUESSO qui s’est taillé une Constitution sur mesure en 2002, dont certains obstacles étaient mis en exergue dans le but de gêner les concurrents éventuels, se sont révélés comme des pièges tendus qui se sont refermés sur lui-même et l’opposition congolaise multiforme qui rêve non seulement d’élections justes, transparentes et équitables, mais aussi d’alternance politique, lequel a le plus mesuré les risques encourus par le pays et les populations si la radicalisation des uns et des autres se poursuivait à l’extrême ?

Les deux camps semblent s’être figés dans leurs positions respectives sans espoir de conciliation, au regard de la distance qui s’est installée dans les points de vues soutenus ; chacun ayant fait fi du consensus nécessaire devant sortir des débats et permis de concilier les positions. Ils ont chacun plutôt privilégié d’affuter leurs « armes » pour faire tomber l’autre partie, ouvrant ainsi la voie à une confrontation fine ou brutale devenue inéluctable en l’état actuel du déroulement des stratégies mises en place par les uns et les autres. Cependant, l’opposition semble privilégier la lutte non violente, même si la volonté d’en découdre par la rue est bien réelle, malgré les souvenirs encore ancrés dans les mémoires des conséquences néfastes des affres des guerres passées ou des répressions récentes, alors que le pouvoir semble lui, affuter ses armes à feu et répressifs pour sans doute faire table rase et mettre hors d’état de nuire toute velléité d’opposition ferme à la réalisation de ses désidératas. La question qui nous taraude est celle de savoir si les autorités ont bien mesuré la gravité des actes à poser en ces temps ? En effet, si pendant les guerres civiles précédentes le décompte du nombre réel de morts n’a pas été effectué et les responsabilités diluées, en sera-t-il ainsi maintenant ?

Après avoir purement et simplement annulé la constitution issue de la conférence nationale, pourquoi les autorités actuelles n’ont-elles pas pris suffisamment de recul à temps et de précautions pour initier des suppressions, des correctifs ou des compléments afin d’élaborer une nouvelle constitution acceptable par tous, étant donné qu’au sortir d’une guerre, l’euphorie des vainqueurs les pousse souvent s’ils n’y ont pas pris garde d’imposer leurs vues même les plus farfelues ou les plus rétrogrades ? A quoi aurait servi la limitation de l’âge à 70 ans si celui du président s’en rapprochait dangereusement et pourquoi avoir défendu cette position dans des interviews ? Pourquoi empêcher un congolais basé à l’étranger de se présenter à l’élection présidentielle s’il en a les capacités ? Pourquoi avoir inséré dans les textes la limitation des mandats si le président se sentait seul capable d’avoir les attributs de gérer le Congo ? Pourquoi le président Denis Sassou NGUESSO qui dans le livre « le manguier, le fleuve et la souris » avait prévenu que le « pouvoir soit il rend intelligent, soit il rend fou », ne s’est pas aperçu que la constitution de 2002 contenait des dispositions de sa future inéligibilité ? Pourquoi n’avoir pas profité de l’élection présidentielle de 2009 pour insérer dans son programme politique l’option de la refonte constitutionnelle qui aurait pu ôter le soupçon de l’accaparement de l’appareil d’Etat par lui et son clan ? Pourquoi après toutes ces erreurs, le président ne se décide-t-il pas à consentir finalement à respecter au terme de son mandat la constitution, en formulant des vœux pour ses successeurs aux fins de la changer ou de l’amender tout en leur laissant la latitude d’adjoindre ce que ses canons d’analyse n’ont pas pu percevoir ou appréhender ?

Au lieu de cela, le président Denis Sassou NGUESSO a remanié son gouvernement et pour montrer sa détermination à ne pas aller vers le compromis, il a exclu du gouvernement deux membres de l’opposition (Parfait Brice KOLELAS et Claudine MUNARI) qui étaient opposés au changement de la constitution. Cela laisse supposer que le président a choisi la voie référendaire pour imposer son nouveau choix constitutionnel au risque encore une fois de la biaiser, malgré une opposition farouche d’une grande frange de la population de plus en plus grandissante. Avant cela, certains supposent qu’il pourrait réunir dans les jours à venir les deux chambres du parlement (assemblée nationale, sénat) que contrôlent en totalité sa majorité pour obtenir un feu vert visant à mettre du baume institutionnel sur la démarche entreprise. Au passage, il en profite pour semer de l’embrouille dans le camp Kolélas en nommant au gouvernement Euloge Landry Kolélas.

Des informations circulent sur les réseaux sociaux et autres médias, concernant par exemple le contrôle des consciences par envoûtement durant de longues années au travers des excréments mystiquement préparés par un marabout nigérien, jetés dans des châteaux d’eau du pays et consommés par les populations, aux fins d’annihiler leur esprit critique et de contestation. Cette information est-elle véridique ou a-t-elle été mise en circulation pour tromper l’opinion ? On se souvient de la manipulation en Roumanie des massacres de Timisoara, pour le couple Ceausescu dont certaines forces politiques internationales voulaient se débarrasser ; c’est au marabout de l’infirmer ou de la confirmer. L’on parle également d’une forte mobilisation des forces de sécurité dans les artères des grandes villes du pays, juste après des exercices militaires sous le vocable Pandora à Pointe-Noire, comme s’il s’agissait d’une anticipation de l’épreuve de force qui s’annonce. Que va-t-il réellement se passer, sachant que le camp de l’opposition est désarmé ? Que pourrait-il se passer ensuite ? L’on annonce aussi la présence de prédateurs alentours, juste aux portes du pays.

Drôle d’atmosphère, alors qu’il était prévu d’instaurer au Congo un système politique démocratique qui devait pallier aux insuffisances de celui installé après la conférence nationale souveraine qui a élaboré la Constitution de 1992, les populations se rendent compte finalement que le mot démocratie était utilisé par certaines forces politiques que pour les endormir, les exploiter et les spolier de leurs richesses et ressources, ainsi que de leur humanité. Car ce n’est pas au dernier moment que l’on change les règles du jeu. Quel sera le point final de tous ces remue-ménages ? Il eut mieux fallu pour le président Sassou de se retirer en douceur, au lieu de mener un combat ultime dont il n’est pas sûr de vaincre dans les court et moyen termes. Car même s’il réussit à s’installer pendant encore un certain temps, jusqu’à quand pourrait-il encore tenir entre ses mains ce feu qui brûlera de plus en plus ardemment ?

Pourquoi un tel radicalisme de part et d’autre ? En effet de nombreux reproches sur le plan de la gestion des affaires de la cité et sur le plan pénal sont faits aux autorités actuelles, mais de nombreux membres de l’opposition y sont également mêlés de près ou de loin. Par cette manœuvre, le président cherche-t-il à obtenir le maximum de garanties sur son avenir et celui de son clan ou est-ce une volonté d’aller jusqu’au bout en créant le chaos ultime ? Dans le cas de la première hypothèse, sur quels sujets reposeraient les inquiétudes et quels gages serait-il capable de donner en retour ? Dans une telle perspective, l’opposition multiforme est-elle prête à aller au compromis étant donné la diversité d’opinions sur le sujet ?

Jean de Dieu MOSSINGUE

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